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Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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La Mal coiffée à la chasse au lion


Le récital du groupe féminin languedocien est construit sur un unique texte, et mise sur l’énergie. Il vient d’être présenté à la Cité de la Musique de Marseille. Quelques rappels avec l’aide de Marie Coumes.



La Mal coiffée, Marie Coumes est tout à droite (photo MN)
La Mal coiffée, Marie Coumes est tout à droite (photo MN)
E los leons est à part dans la déjà longue histoire de La Mal coiffée. Spectacle bien reçu à Marseille le 17 février. De quoi s’agit-il ?
Il s’agit d’une histoire, courte à l’origine, d’Henry Bauchau, Diotime et les lions, du recueil Antigone, qui a impressionné Laurent Cavalier (arrangeur de La mal coiffée et par ailleurs membre du groupe Du Bartàs, Ndlr). Il l’a traduite en occitan et adaptée, en fait, il en a fait un long poème. Ce mythe, finalement, d’une tribu qui imagine descendre des lions, nous a plu. Il s’agit d’une transgression, car ici c’est une fille qui veut absolument suivre ce rituel d’hommes, tuer un lion pour rejoindre le monde des adultes.
 
Laurent a imaginé la musique en écrivant le texte, la composition est venue ici après l’écriture. Tout ceci a débouché sur un spectacle et sur un disque qui vient d’être gravé, « E los leons ».
 
Vous, interprètes, intervenez dans le processus créatif ?
Nous suggérons beaucoup. Ici, il s’agissait d’éviter que le spectacle ne soit trop long, car nous voulions, pour la première fois, fonder notre spectacle sur un texte unique.

La Mal coiffée c’est déjà une longue histoire. En bref ?
La mal coiffée chante depuis 17 ans. Nous nous connaissions, étions souvent amies. Nous avions envie de chanter ensemble, et Laurent Cavalier nous a proposé ses collectages. Nous ne savions pas où cela nous mènerait, et voilà ! Nous avons sorti cinq albums. Au fond, l’important c’est le chemin qu’on parcourt ensemble, le bonheur des rencontres ; et souvent, ce qui nous semblait anodin, nous a profondément marquées.
 

Les groupes "occitans" ont de beaux jours devant eux

Votre choeur est fondateur, et vous avez essaimé l’idée du groupe vocal féminin d’expression occitane
Oui, c’est étonnant pour nous, mais puisqu’on nous le dit ainsi… Des chorales se créent, il semble qu’on y soit pour quelque chose, que nous soyons un exemple. Mais nous-mêmes, La Mal coifée,  nous nous sommes laissées porter par la vague qu’ont levé Massilia Sound System, puis Lo Còr de la Plana. Eux, oui, ont vraiment créé la mouvance.

L’occitan était un choix originel, ou s’est imposé ensuite ?
Pour certaines d’entre nous la langue était déjà à la maison, pour d’autres, ce fut un apprentissage. Que nous l’employions est logique, elle dit le répertoire populaire. C’est que nous voulions, c’est un état d’esprit.

Après la vague occitane des années 90-2000, dont vous êtes une composante, faut-il craindre que personne ne prenne la relève ?
Oh ! D’autres groupes apparaissent, qui emploient la langue occitane. Nous ne sommes pas la fin, vous savez. Qu’on bouche un canal, et le riu passe par ailleurs et ressort quand même…Des jeunes, et nombreux, se servent de la langue d’oc pour chanter. L’influence des calandrons (élèves de Calandretas, les écoles où l’occcitan est employé en immersion, Ndlr) y est je crois pour quelque chose. Ils connaissent la langue, ont envie de l’employer. Voyez Lo Barrut, des jeunes qui se sont rencontrés à l’Université de Montpellier, l’Aranaise Alidé Sans, le duo formé par Courtial et Kogane, le groupe Belugueta…Non ! la langue comme support artistique est loin d’être absente pour cette génération-là.

Mercredi 21 Février 2018
prepaus rebalhats per Michel Neumuller




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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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