Aquò d'Aqui


Lo dire d’Elie Lebre (15)

Comment un paysan provençal du XXème siècle disait son temps, les saisons, le bon sens... dans sa langue de tous les jours. Quinzième semaine…

Ouvrage édité par l'Aeloc
L’agriculteur érudit et curieux Elie Lèbre (Cucuron –  Luberon : 1920-91) par bonheur rencontra l’occitaniste Madeleine Jaquier, et le fruit d’années de collectage nous a permis d’en savoir beaucoup sur la manière vivante et quotidienne de parler provençal.
 
Avec l’aimable autorisation d’Alain Barthelémy-Vigouroux qui a organisé la masse de notes et d’enregistrements issus de ce travail, nous vous en offrons un morceau chaque semaine, en vous recommandant d’acquérir le livre édité par l’Association Pour l’Enseignement de la Langue d’Oc .






Rompedura

La nouvelle Assemblée Nationale verra entrer les députés RN comme jamais. Une rapide analyse sortie des urnes nous dit partiellement pourquoi : ils sont élus là où les ruraux n'en peuvent mais, là où ont socialement fui les déclassés des villes. Ce que montre ce scrutin c'est que la fracture sociale est aussi territoriale.

Amb la nòva Assemblada Nacionala, es ti que faudrà li vèire lo senhau d’un reviscolament de la gaucha, fòrça (tròp?) diversa, o la confirmacion que l’extrema drecha planta cavilha definitivament dins lo paisatge politic  ? O fins finala aqueleis eleccions aurián fa mòstra que lo desesper sociau assaja de trobar un solucion politica ?








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Montségur


En 2009, nulle commémoration du massacre croisé de Béziers. « Taisez tout, La République reconnaîtra les siens !... » Le même silence officiel couvre un évènement fondateur de nos consciences, le bûcher de Montségur.



Le 16 mars on devrait se réjouir du printemps qui pointe, des fleurs d’amandiers désormais épanouies qui s’offrent au regard et dont le vent, en les effleurant, nous emmène, chuchotant, la première mesure du Se Cante.

Un "stalinisme" au Moyen-âge, couvert par un silence officiel

Mais non, cette date évoque le bûcher. Celui- dans lequel furent poussés plus de deux cents malheureux qui, en 1244, refusèrent d’abjurer leur foi. A Montségur, la seule raison fut celle de l’Inquisition triomphante.
 
Cet évènement est toujours considéré comme mineur par nos livres d’histoire (moi, quand j’étais gamin, notre manuel scolaire glissait là-dessus, et nos questions au maître ne trouvaient pas de réponse : « ils avaient fait quoi, M’sieur, les habitants d’Albi, pour qu’on les crame tout vivants ? »).
 
Au moins la brutalité croisée, à Montségur, fut-elle franche. Sans masque. Depuis trente-cinq ans elle était pourtant préparée par l’insidieuse Sainte-Inquisition.
 
L’action de celle-ci, un stalinisme au moyen-âge par sa pratique, peut être résumée ainsi. Accompagnés d’hommes d’armes, les inquisiteurs fondaient sur un village. On faisait entrer pratiquement tous les habitants dans une pièce, isolément, où la question suivante leur était posée : « nous savons que tu es hérétique, car « on » nous l’a dit. Ta seule chance d’en réchapper est de dénoncer Untel, dont nous savons qu’il est aussi cathare ! ». Le NKVD ne procédait pas autrement voici quelques quatre-vingt ans. Dénoncer ou mourir, cette alternative a formé l’état d’esprit de générations. Les dégâts moraux ont été plus durables que l’horreur générée par la soldatesque et les hommes en robe blanche dominicaine.
 
Et pourtant, que d’yeux crevés, de bûchers dressés, ont parsemé le pays ! Tout cela pour rendre muet et docile un peuple à conquérir, accessibles des richesses à accaparer.
 
On s’étonnera après, que cette histoire, inscrite dans notre mémoire malgré le silence d’Etat, nous incite à rester vigilants aux mesures liberticides, à toutes les atteintes à nos libertés. Celles qui vous excluent de la communauté nationale, ou qui vous promettent un état d’urgence permanent, mais aussi vous mettent à la merci de fous de Dieu, ou encore font des salariés des précaires apeurés.
 
Le bûcher de Montségur éclaire encore, huit siècles et demi après, nos consciences.  A défaut d’entrer dans nos livres d’Histoire.

Mercredi 16 Mars 2016
Renat Mine




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Caminada de las Fiertats capitada a Rodés

Laurie Privat a suivi, en y participant, la marche des fiertés de Rodez. Elle témoigne donc de la langue occitane disant la diversité, totalement.

Photo Laurie Privat DR

Lo 21 de mai de 2022 èra marcat sus mon agenda dempuèi un brave moment. Èra lo jorn de la primièra marcha de las fiertats a Rodés, organizada per l’associacion Alertes.




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