Supprimez l’article 2 !

Les Corses en fin 2017, se sont majoritairement prononcés pour l’exercice de leurs droits linguistiques. Une majorité qui ne compte pas pour le président de la République, en visite dans l’Île.

« Dans la République française, il y a une langue officielle, le français » sera probablement la phrase à retenir du discours final du président Emmanuel Macron, à l’issue d’un court séjour officiel en Corse.






            partager partager

Felip Martel : « l’histoire régionale devrait être enseignée »


Les nombreuses études de l’historien Felip Martel sont marquées par la diversité des sujets, mais tous se rapportent à la problématique linguistique occitane. Jeune retraité, il ne voit pas de relève arriver. Pourquoi ?



Felip Martel (photo MN)
Felip Martel (photo MN)
Où sont-ils, les chercheurs en Histoire intéressés par la langue occitane ? Regardent-il désormais ailleurs, ou bien l’Université ne les recrute-t-elle plus ?

Les deux. Les postes sont rares, vouloir devenir chercheur a quelque chose de masochiste.
 
Il faut en particulier trouver le prof qui accepte de chapeauter la recherche. Et si possible il faudra que ce dernier ne considère pas que la recherche sur l’occitan est inutile.
 
Hélas, les historiens en poste n’ont pas été formés à prendre en compte la question linguistique. Et pas plus la géographie linguistique, bien que la dialectologie nous dise bien des choses sur la circulation des hommes.

Et ils ne  sont pas plus sensibilisés à la sociolinguistique, qui nous apprend pourtant aussi beaucoup sur la société.
 
Notre candidat chercheur devra donc compter, dans l’énorme majorité des cas, sur un historien qui ne comprendra pas que quelque chose d’intéressant peut être, là, à creuser.
 
Bon ! Heureusement quelques historiens veulent toutefois bien considérer que la problématique occitane n’est pas tout à fait idiote. Mais, disons-le, ils sont rares, actuellement, dans le Milieu.
 
Toutefois, avec un enseignement de l’occitan qui va à vau-l’eau, ne verrons-nous pas le nombre d’historiens capables de penser la diversité linguistique se réduire encore ?

Espérons que cet enseignement ne finira pas comme le Titanic ! Oui, l’apprentissage de l’occitan est nécessaire à la bonne compréhension du sujet.
 
Mais ce qui serait aussi important c’est d’intégrer l’apprentissage de l’histoire locale au cursus général. Tout élève devrait savoir que Frédéric Mistral était écrivain, que la littérature bretonne a existé, ou que les troubadours ont eu une action créatrice.
 
Une sensibilisation à l’histoire régionale intégrant la dimension linguistique me semble indispensable.
 
A mon avis, oui, cela ferait naître à la fois un intérêt à l’école pour l’apprentissage de la langue régionale, mais aussi pour les problématiques d’historien que nous venons d’aborder.
 
Si cette demande se manifeste, nous pourrons discuter de façon plus sérieuse, avec les institutions, de l’intérêt de l’enseignement de l’occitan.
 
Moi, je ne suis pas pessimiste sur ce plan. A partir du moment où une sensibilisation bien menée est proposée à tous, avec les moyens modernes de transmission, des vocations naîtront.

Philippe Martel - Etudes de langue et d'histoire occitanes. Ed. Lambert-Lucas - 2015. 400 p. ill. présentations de Marie-Jeanne Verny et Yan Lespoux. 24€. 
 

Un entretien sur l'identité française et la considération des langues régionales, à paraître dans Aquò d'Aquí n°289

Felip Martel : « l’histoire régionale devrait être enseignée »
Notre numéro mensuel daté de juillet 2016 présentera un entretien plus complet avec Felip Martel. Il y abordera notamment la relation entre histoire enseignée, considération linguistique des minorités, problématiques de l'immigration et idéologie identitaire française. Pour les commandes, voir ici.

Dimanche 19 Juin 2016
Michel Neumuller




Nouveau commentaire :


Copyright

Les articles diffusés sur Aquo d'Aqui.info sont protégés par la législation sur les droits d'auteur et le copyright. Il est interdit de les diffuser hors le site d'Aquo d'Aqui, sauf autorisation expresse de son créateur.

Recherche

Aquò d'Aquí 302 chasse le sanglier !
Dison que...

La préférence pour l’occitan aranais désormais inconstitutionnelle

L'usage préférentiel de l'aranais dans les actes administratifs est considéré comme inconstitutionnel depuis le 12 février. Aran était le seul lieu au monde où l'usage de l'occitan jouissait de droits.

La préférence pour l’occitan aranais désormais inconstitutionnelle
L’usage  « préférentiel » de l’occitan aranès dans les actes publics administratifs est contraire à la Constitution Espagnole, désormais. C’est ainsi qu’en a jugé le Tribunal Constitutionnel Espagnol le 12 février.


Copyright

Les articles diffusés sur Aquo d'Aqui.info sont protégés par la législation sur les droits d'auteur et le copyright. Il est interdit de les diffuser hors le site d'Aquo d'Aqui, sauf autorisation expresse de son créateur.