Aquò d'Aqui

Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Felip Martel : « l’histoire régionale devrait être enseignée »


Les nombreuses études de l’historien Felip Martel sont marquées par la diversité des sujets, mais tous se rapportent à la problématique linguistique occitane. Jeune retraité, il ne voit pas de relève arriver. Pourquoi ?



Felip Martel (photo MN)
Felip Martel (photo MN)
Où sont-ils, les chercheurs en Histoire intéressés par la langue occitane ? Regardent-il désormais ailleurs, ou bien l’Université ne les recrute-t-elle plus ?

Les deux. Les postes sont rares, vouloir devenir chercheur a quelque chose de masochiste.
 
Il faut en particulier trouver le prof qui accepte de chapeauter la recherche. Et si possible il faudra que ce dernier ne considère pas que la recherche sur l’occitan est inutile.
 
Hélas, les historiens en poste n’ont pas été formés à prendre en compte la question linguistique. Et pas plus la géographie linguistique, bien que la dialectologie nous dise bien des choses sur la circulation des hommes.

Et ils ne  sont pas plus sensibilisés à la sociolinguistique, qui nous apprend pourtant aussi beaucoup sur la société.
 
Notre candidat chercheur devra donc compter, dans l’énorme majorité des cas, sur un historien qui ne comprendra pas que quelque chose d’intéressant peut être, là, à creuser.
 
Bon ! Heureusement quelques historiens veulent toutefois bien considérer que la problématique occitane n’est pas tout à fait idiote. Mais, disons-le, ils sont rares, actuellement, dans le Milieu.
 
Toutefois, avec un enseignement de l’occitan qui va à vau-l’eau, ne verrons-nous pas le nombre d’historiens capables de penser la diversité linguistique se réduire encore ?

Espérons que cet enseignement ne finira pas comme le Titanic ! Oui, l’apprentissage de l’occitan est nécessaire à la bonne compréhension du sujet.
 
Mais ce qui serait aussi important c’est d’intégrer l’apprentissage de l’histoire locale au cursus général. Tout élève devrait savoir que Frédéric Mistral était écrivain, que la littérature bretonne a existé, ou que les troubadours ont eu une action créatrice.
 
Une sensibilisation à l’histoire régionale intégrant la dimension linguistique me semble indispensable.
 
A mon avis, oui, cela ferait naître à la fois un intérêt à l’école pour l’apprentissage de la langue régionale, mais aussi pour les problématiques d’historien que nous venons d’aborder.
 
Si cette demande se manifeste, nous pourrons discuter de façon plus sérieuse, avec les institutions, de l’intérêt de l’enseignement de l’occitan.
 
Moi, je ne suis pas pessimiste sur ce plan. A partir du moment où une sensibilisation bien menée est proposée à tous, avec les moyens modernes de transmission, des vocations naîtront.

Philippe Martel - Etudes de langue et d'histoire occitanes. Ed. Lambert-Lucas - 2015. 400 p. ill. présentations de Marie-Jeanne Verny et Yan Lespoux. 24€. 
 

Un entretien sur l'identité française et la considération des langues régionales, à paraître dans Aquò d'Aquí n°289

Felip Martel : « l’histoire régionale devrait être enseignée »
Notre numéro mensuel daté de juillet 2016 présentera un entretien plus complet avec Felip Martel. Il y abordera notamment la relation entre histoire enseignée, considération linguistique des minorités, problématiques de l'immigration et idéologie identitaire française. Pour les commandes, voir ici.

Dimanche 19 Juin 2016
Michel Neumuller




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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possiblité, enfin débarassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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