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Quelques proverbes de Novembre

Relatifs au mois de novembre, ils nous parlent d'un temps d'avant le réchauffement climatique, d'évidence...

Òme de novembre es de bòna fusta
femna de novembre laissa que tabusta


(homme né en novembre sera de bon bois
femme née en novembre sera suractive)

in De qué farà aquel temps ?
(Petit précis de météorologie populaire occitane)
Pierre Mazodier - Marpoc

Per San Martin,
Boucho toun vin
Mette toun chàu dedin.


(Pour Saint Martin
bouche ton vin
et enferme ton chou)

in  Proverbes et dictons des Hautes-Alpes et de l'Ubaye 
éditions du Roc












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Anna Geli à Toulon : « Les droits des Catalans sont niés »


TOULON. Vendredi la députée aranaise dialoguait avec le public toulonnais, en compagnie de grands témoins de la tragédie catalane.



Anna Geli à Toulon : "Nous ne demandons qu'à discuter avec l'Etat, qui lui met les élus en prison pour faits d'opinions" (photo MN)
Anna Geli à Toulon : "Nous ne demandons qu'à discuter avec l'Etat, qui lui met les élus en prison pour faits d'opinions" (photo MN)
« Aujourd’hui l’Etat exerce un chantage, les prisonniers d’opinion lui serviraient de monnaie d’échange, pour faire taire notre désir de république indépendante ». Anna Geli, jeune trentenaire s’exprime en occitan de la Val d’Aran, ce territoire pyrénéen d’Espagne où – fait unique au monde – sa langue, la nôtre, est de plein droit utilisée dans les actes publics et enseignée à l’école. L’occitan est aussi, depuis 2014,  une des deux langues officielles de la Generalitat de Catalunya, leur « Conseil Régional », à part que là-bas, les Catalans parlent de nation. Détail, l’occitan n’est pourtant parlé que par une infime proportion de la population catalane, 7000 personnes au plus.
 
Anna Geli, une ex skieuse professionnelle et journaliste, élue députée de Junts per Cat ( le mouvement du président en exil Carles Puigdemont) avait répondu à l’invitation du Collectif de Solidarité avec le Peuple Catalan, un des trois qui se sont constitués en Provence, avec Nice et Aix-Marseille.
 
« Si nos droits humains son niés, bafoués, comment pourrions-nous être des Européens libres ? » La députée du Parlement de Catalogne posera d’entrée le débat sur la question de l’exercice du droit : celui à exprimer ses opinions, celui de décider du sort de sa nation, celui de voter, tout simplement. Des droits fondamentaux, qu’il n’est plus possible d’exercer sans risque grave en Espagne.
 
Rappelons qu’après huit années de vexations et de blocages de toute loi catalane importante par le Conseil Constitutionnel espagnol, en connivence avec le Partido Popular, au pouvoir jusqu’à il y a quinze jours, les Catalans ont voté, malgré une répression policière féroce, le 1er octobre 2017, pour l’indépendance et la constitution d’une République.

Discuter avec un mur et des porteurs de matraques ?

La suite est connue, le président contraint à l’exil, et neuf personnalités de la société civile, des élus du peuple, dont la présidente du Parlement Carme Forcadell, en prison préventive, sous des prétextes scandaleux, depuis des mois…  20 000 citoyens inquiétés pour faits de grève ou, simplement, pour avoir exprimé sur les réseaux sociaux leur dégoût de l’attitude gouvernementale.
 
« Tout ceci était en germe dans la Constitution de 1978. Elle constituait une transition entre Franquisme et Démocratie, on en est resté à la transition… » a souligné, en vidéo-conférence, Gérard Onesta. Le conseiller régional d’Occitanie, ex vice-président du Parlement Européen, a été observateur international en Catalogne lors du Référendum. par vidéo transmission, il a détricoté, pour le public toulonnais, la réthorique d’Etat : non le référendum n’était pas illégal au moment de sa tenue. La répression était donc un abus du pouvoir (1000 blessés, dont certains gravement, parfois mutilés).
 
« Le drame vécu par les Catalans pose le problème de l’Europe des Etats » a déclaré Gustave Alirol. Venu d’Auvergne pour l’occasion, le délégué du Partit Occitan à l’Alliance Libre Européenne, souhaitait rappeler que « L’Union Européenne respecte les constitutions de chacun de ses membres. Ne vous étonnez pas si elle n’intervient pas dans les affaires espagnoles. En revanche elle serait légitime à réclamer la fin de la répression ». Mais elle ne le fait pas !
 
Anna Geli, qui s’exprimait en français pour l’occasion, a répondu aux nombreuses questions de la salle à l’issue des conférences. « Oui, nous avons des progrès à faire en matière de communication internationale, mais nous devrions être mieux soutenus. Non, n’imaginez pas que le renversement de Rajoy, par une motion de censure, signifie un mieux pour les Catalans…Nous attendons simplement de voir si le nouveau gouvernement socialiste (une coalition hétéroclite sans majorité automatique) saura négocier ».
 
Car discuter avec l’Etat, c’est ce que demandent, en vain depuis 2010, tous les représentants d’institutions catalanes. Un mur et des coups de bâton, ce fut leur seule réponse toutes ces années, avec la prison pour perspective. Oui ! Nous sommes pourtant bien en Europe au XXIè siècle.
Dans le public, parfois très informé, le débat s'instaure avec les conférenciers (photo MN)
Dans le public, parfois très informé, le débat s'instaure avec les conférenciers (photo MN)

Lundi 11 Juin 2018
Michel Neumuller




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Dison que...

L'Etat protège toujours aussi peu mais impose toujours autant

L'autorité de l'Etat s'exerce depuis Paris et impose ses décisions à tous. Pour nous éviter le retour de la pandémie peut-être sont elles justifiées. Mais la méthode elle est injustifiable. Il est grand temps que nos élus prennent le pouvoir que le mépris jacobin leur dénie.

Voici donc le retour des restrictions majeures : sur le territoire de la métropole d'Aix-Marseille, les bars et restaurants ferment. En fait les lieux de rencontre, où l'épidémie peut circuler, mais aussi les idées et une certaine idée du bonheur.

Et peut-être fallait-il en passer par là. Mais qu'en décide une conversation téléphonique entre un ministre siégeant à l'ombre de la Tour Eiffel et son préfet, certainement pas habitué de la vie sociale méditerranéenne, cela interroge.


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