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Lengas minorisadas : enfin una estrategia de reconquista

Avec un rassemblement peu couru et parisien, un fait majeur vient pourtant de survenir le 30 novembre : les défenseurs des langues minoritaires se sont alliés et ont décidé d’une feuille de route.

Davant la Glèisa Santa Clotilda, brandussan lei bandièras : negras amé tèsta de Maure, o arminas de muma color, sang e òr amé crotz de Forcauquier e Tolosa, o l’estrella de l’independentisme catalan, e d’autrei. Benlèu que son pas mai que sièis cents lei manifestants, mai ben colorats. Un arc de seda dei minoritats lenguisticas de l’exagòne. Justament èra la tòca d’aqueu recampament : faire molon, e charrar de ce que partejan totei, una lenga mespresada, en dangier de disparéisser.

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Une capitale pour tous




Voici donc Marseille Capitale Européenne de la Culture, pour un an.  La fête qui a réuni environ 400 000 personnes le soir de l’ouverture de cette année montre à quel point les Marseillais (et pas seulement) veulent que leur ville soit un pôle, que son image évacue les clichés à peau dure, et, nous le pensons, que leur vie quotidienne soit celle des habitants d’une vraie capitale.

 
Or la ville à l’urbanisme anarchique, à la pauvreté criante, à l’écart grandissant entre une population plutôt à l’aise et une autre de moins en moins intégrée socialement, n’est pas à  la hauteur des ambitions partagées par ces habitants.
 
Tout fait défaut : accéder à un emploi digne et relativement durable, obtenir une place en crèche, circuler… Mais durant une année certaines avanies urbaines, les plus criantes, seront cachées. Il est significatif, par exemple, qu’après vingt ans de « couvre-feu », le métro marseillais soit enfin ré-ouvert, jusqu’à une heure du matin.  Pour un an seulement. Après on verra. Cela rappelle l’ouverture hâtive, d’un unique tronçon de voie cyclable, à l’occasion de la Coupe du Monde de football, en 1998.
 
Cette ville doit être conçue pour ses habitants, pas pour augmenter le chiffre d’affaires de l’hôtellerie sur la seule année 2013.  Elle doit aussi être attractive, pas forcément pour les New Yorkais à qui un grand titre conseille l’étape marseillaise cette année, mais pour la région qui devrait graviter autour d’une grande ville provençale génératrice de développement pour tous.
 
Aujourd’hui un couvercle a été mis sur le débat : métropolisation ou pas ? On a vu manifester contre, un rassemblement de forces politiques antinomiques. Pourtant l’accord tacite entre carpe et lapin, s’expliquait par la crainte de tout changement dans l’univers des collectivités locales. Elles veulent des moyens et des compétences. Mais les partager ou les ordonner ? Le risque leur semble trop grand.
 
Or, après trente ans, les lois de décentralisation ont produit l’aménagement du territoire anarchique que nous connaissons. Le pouvoir atomisé d’urbaniser a abouti à l’étalement urbain, une des causes principales de la difficulté de circuler en Provence, et de la pollution automobile qui en résulte. Elle a éparpillé les zones d’activités, chacun voulant la sienne, qui contribuent encore à la thrombose, sans procurer à tous des emplois de proximité. Elle a plutôt accentué une démographie que plus personne ne sait accompagner.
 
Il est temps que tous ceux qui se félicitent d’être partie prenante de Marseille Capitale Européenne de la Culture 2013 s’entendent aussi pour que cette fête soit prolongée durablement, par une entente autour d’une capitale-phare, capable de partager les fruits d’une croissance espérée dans une région fière de sa culture.

Mercredi 23 Janvier 2013
La rédaction




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