Aquò d'Aqui

Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Traits d’unions




Les cultures populaires ont toujours le vent en poupe. Ses artistes sont loin d’avoir des barbes blanches (même si quelques-uns, et non des moindres, arborent fièrement la leur). 

Musiques d'ici et de là-bas, du passé pour créer l'avenir

Ils font, mine de rien, un pied de nez permanent aux snobs et autres « fiers » qui ne jurent que par l’effacement des usages régionaux de la fête, de la musique, de la danse, et de tout ce que nos élites « aparisenquidas » regardent de haut, craignant que le folklore (c’est à dire la science du peuple) ne vienne rogner les budgets coquets qu’ils s’allouent  pour une culture élitiste en rejetant toute idée de partage.
 
On vous recommande ainsi ce weekend d’aller passer un moment à Aubagne, Bouches-du-Rhône, pour ouvrir l’éventail des musiques venues avec toutes nos immigrations, qui se sont provençalisées plus ou moins, ancrant ici des pratiques artistiques nourries là-bas. Et nous vous engageons à bien 
constater combien nos artistes provençaux transforment leurs manières au contact de l’autre. 
 
Ils sont déjà habitués à la fusion : avec les autres musiques du monde, avec celles du passé, auxquelles ils donnent un avenir.
 
Cette semaine ainsi, le facteur nous a amené un disque, concocté par deux jeunes femmes (pas même 25 ans !) qui manigancent leur coup dans l’arrière-pays, comme disent les arlèris qui se croient à l’avant-garde.
 
Amandine et Isabelle Dulieux ne sont pas des inconnues. L’une aux accordéons et l’autre aux violons, elles donnent un coup de neuf au rigodon et à la valse à trois temps. Aidées de musicologues montagnards elles ont déniché dans les greniers une bonne main de partitions oubliées, écrites parfois au milieu du XIXè siècle, faites pour danser, et témoignant d’un art de vivre.
 
Elles y ont mis du talent et de la joie de vivre. Aussi on n’a pas du tout le sentiment d’écouter une pièce de musée instrumentale, mais bien un témoignage de la joie de vivre ses samedis soirs, palpables à un siècle de distance parce que c’est dans un esprit contemporain que ces musiques vivent désormais.
 
La musique traditionnelle de création, comme disent nos amis du Chantier de Correns, n’est pas l’alliance de la carpe et du lapin, mais le trait d’union entre passé et futur, entre générations. Un trait d’union qui donne à la culture provençale un certain air brésilien.
 
C’est cela que la culture « officielle » et « labellisée » devrait adouber. Nous le regrettons chaque fois que nous nous intéressons à Marseille Provence 2013 ; c’est l’effacement de cette marque populaire et pourtant savante, qui nous empêche de goûter à ce qui devrait être un grand moment partagé du populaire plutôt que du marketing.
 
Alors, en écoutant les frangines Dulieux ou en profitant enfin de ce que « Le monde est chez nous » peut nous offrir à Aubagne, nous espérons voir enfin reconnue autrement que comme une sous culture cet art de la joie d’être d’ici pleinement.
 
Pas besoin de label pour cette reconnaissance ; il suffit que vous soyez des milliers à tendre l’oreille, et à sentir des fourmis dans les pieds.
 

Mardi 4 Juin 2013
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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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