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Vau mielhs èstre Parisenc...

SENANQUE. Menacée d'écroulement l'emblématique cistercienne du Vaucluse, malgré sa notoriété, ne recueille pas en un an, le trois centième de l'argent que Notre Dame de Paris a recueilli en 24 heures.

Vos ne'n rementatz ? En un jorn, fa pauc, lei grandei entrepresas an promes mai d'un miliard d'€uròs per un monument parisenc emblematic.

En Provença, fa un an que la Glèisa assaja de trobar tres cents còps mens, e lei mecenas, l'i vesem pas.

Fau èstre Parisenc.







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Traits d’unions




Les cultures populaires ont toujours le vent en poupe. Ses artistes sont loin d’avoir des barbes blanches (même si quelques-uns, et non des moindres, arborent fièrement la leur). 

Musiques d'ici et de là-bas, du passé pour créer l'avenir

Ils font, mine de rien, un pied de nez permanent aux snobs et autres « fiers » qui ne jurent que par l’effacement des usages régionaux de la fête, de la musique, de la danse, et de tout ce que nos élites « aparisenquidas » regardent de haut, craignant que le folklore (c’est à dire la science du peuple) ne vienne rogner les budgets coquets qu’ils s’allouent  pour une culture élitiste en rejetant toute idée de partage.
 
On vous recommande ainsi ce weekend d’aller passer un moment à Aubagne, Bouches-du-Rhône, pour ouvrir l’éventail des musiques venues avec toutes nos immigrations, qui se sont provençalisées plus ou moins, ancrant ici des pratiques artistiques nourries là-bas. Et nous vous engageons à bien 
constater combien nos artistes provençaux transforment leurs manières au contact de l’autre. 
 
Ils sont déjà habitués à la fusion : avec les autres musiques du monde, avec celles du passé, auxquelles ils donnent un avenir.
 
Cette semaine ainsi, le facteur nous a amené un disque, concocté par deux jeunes femmes (pas même 25 ans !) qui manigancent leur coup dans l’arrière-pays, comme disent les arlèris qui se croient à l’avant-garde.
 
Amandine et Isabelle Dulieux ne sont pas des inconnues. L’une aux accordéons et l’autre aux violons, elles donnent un coup de neuf au rigodon et à la valse à trois temps. Aidées de musicologues montagnards elles ont déniché dans les greniers une bonne main de partitions oubliées, écrites parfois au milieu du XIXè siècle, faites pour danser, et témoignant d’un art de vivre.
 
Elles y ont mis du talent et de la joie de vivre. Aussi on n’a pas du tout le sentiment d’écouter une pièce de musée instrumentale, mais bien un témoignage de la joie de vivre ses samedis soirs, palpables à un siècle de distance parce que c’est dans un esprit contemporain que ces musiques vivent désormais.
 
La musique traditionnelle de création, comme disent nos amis du Chantier de Correns, n’est pas l’alliance de la carpe et du lapin, mais le trait d’union entre passé et futur, entre générations. Un trait d’union qui donne à la culture provençale un certain air brésilien.
 
C’est cela que la culture « officielle » et « labellisée » devrait adouber. Nous le regrettons chaque fois que nous nous intéressons à Marseille Provence 2013 ; c’est l’effacement de cette marque populaire et pourtant savante, qui nous empêche de goûter à ce qui devrait être un grand moment partagé du populaire plutôt que du marketing.
 
Alors, en écoutant les frangines Dulieux ou en profitant enfin de ce que « Le monde est chez nous » peut nous offrir à Aubagne, nous espérons voir enfin reconnue autrement que comme une sous culture cet art de la joie d’être d’ici pleinement.
 
Pas besoin de label pour cette reconnaissance ; il suffit que vous soyez des milliers à tendre l’oreille, et à sentir des fourmis dans les pieds.
 

Mardi 4 Juin 2013
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