Aquò d'Aqui

Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Réduire la part du catalan dans l'enseignement : une mission pour l'appareil politico-judiciaire espagnol


En principe le catalan devrait reculer dans l'enseignement public... en Catalogne. Dans les faits ce sera plus compliqué. Mais la logique de l'Etat est implacable, décatalaniser.



Dans le complexe labyrinthe judiciaire espagnol, une décision est toujours contredite par la suivante, rendue par une juridiction supérieure, spécialement quand la première a été favorable aux langues territorialisée.

 

Ainsi de la loi LOMLOE qui pose que seul l’espagnol est la langue ... du Royaume, en tant que langue véhiculaire, et que donc elle s’impose à tous. Un air connu de ce côté ci des Pyrénées.


Le catalan reste langue de l'enseignement en Catalogne... éternellement soumis à la haine de l'appareil politico-judiciaire.

Problème, en Catalogne l’enseignement est totalement en catalan, et depuis belle lurette, mis à part le cours de castillan.

 

Sur cette base, et alors que jusqu’à présent les tribunaux faisaient injonction aux établissements scolaires catalans, mais au cas par cas, d’assurer au moins 25% des cours de tronc commun en castillan, cette semaine le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne, vient de rendre deux sentences qui obligeraient cette fois l’ensemble des écoles du Principat de Catalogne, à renverser la vapeur linguistique, “avec effet immédiat”.

 

Le caractère brutal des sentences ne fait aucun doute, la décision judiciaire est une décision politique. C’est d’ailleurs le cas de toutes les actions intentées par l’appareil judiciaire espagnol en ce qui concerne les spécificités culturelles catalanes.

 

Cependant le conseiller catalan à l’Education, Josep Bargalló, affecte de penser que cette décision judiciaire n’aura aucun effet pratique. En effet, la loi LOMLOE n'était pas encore applicable et doit entrer en vigueur incessamment , et en principe s’imposerait à la décision du TSJC… jusqu’à la prochaine fois.

 

La pression étatique, couverte et attisée par l’appareil judiciaire lui-même, en Espagne, ne laisse en effet aucun doute : l’Etat continuera la guéguerre menée depuis longtemps, tant contre les citoyens impliqués dans la défense de la catalanité que contre les institutions démocratiques catalanes.

 

En ce qui concerne l’usage du catalan comme langue de l’enseignement, une plainte du Partido Popular avait abouti en 2014 à l’obligation pour la Généralité de Catalogne, de financer la scolarité en établissements privés et en castillan, de ceux qui en feraient la demande. Mesure essentiellement vexatoire, elle n’a été réclamée que par une poignée de parents.

 

Les socialistes au pouvoir n’ont pas dévié, et s’ingénient à battre en brèche le système éducatif catalan, qui au passage signalons le, produit les meilleurs résultats de tout le royaume en ce qui concerne la pratique du castillan.

 

Bref, on le voit, un Etat qui se mêle de dire ce que doive parler les citoyens agit de manière idéologique, et surement pas dans l’intérêt des dits citoyens. La méthode comme la finalité apparaissent pitoyables. Comment respecter un Etat qui agit contre ses citoyens ?

 

De ce côté ci de la frontière, on observera à ce sujet, avec intérêt comment se comportera l’Etat et la représentation nationale lors de la prochaine loi de protection des langues régionales dans l’enseignement.

Comme en Espagne ?


Mardi 30 Mars 2021
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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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