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Vau mielhs èstre Parisenc...

SENANQUE. Menacée d'écroulement l'emblématique cistercienne du Vaucluse, malgré sa notoriété, ne recueille pas en un an, le trois centième de l'argent que Notre Dame de Paris a recueilli en 24 heures.

Vos ne'n rementatz ? En un jorn, fa pauc, lei grandei entrepresas an promes mai d'un miliard d'€uròs per un monument parisenc emblematic.

En Provença, fa un an que la Glèisa assaja de trobar tres cents còps mens, e lei mecenas, l'i vesem pas.

Fau èstre Parisenc.







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Equité artistique


Mais, oui, rendez donc payant le Louvre 100% du temps, puisque les temps sont à la logique comptable. Mais rapatriez alors les oeuvres que viennent voir les Régionaux au prix d'un effort que n'ont pas à consentir les Parisiens.



Ainsi donc la nouvelle direction du musée national du Louvre, qui aimante le public français et international, veut renoncer à ses journées de gratuité.
 
Après avoir développé des politiques de prêts de collections à qui paye cher voilà que le musée français de référence mise sur les recettes que les touristes pourraient lui apporter.

Animés par la seule logique du gain, les dépositaires du trésor artistique national n’ont pas fait preuve d’une grande finesse de réflexion pour l’occasion.

Les Watteau à Valenciennes et les Cézanne à Aix...

Ils ont aligné des chiffres dans une belle cohérence comptable qui ignore toute autre considération.
 
Les jours d’entrée gratuite 38 000 personnes en moyenne franchissent les portes du vénérable palais. Et en saison, ils sont 20 000 les jours payants. Les « gratuits » ne rapportant rien, « misons donc sur un public restreint mais qui alimente nos caisses » ont savamment pensé les stratèges financiers du Musée.
 
Et, dans le contexte électoral actuel, voici que le débat gratuité-payant prend des allures pariso-parisiennes. La candidate UMP Nathalie Kosciusko-Morizet ne vient-elle pas de proposer de négocier, une fois élue, la gratuité des musées nationaux parisiens un jour par semaine…à l’attention des seuls Franciliens ?
 
Nous incitons tout ce petit monde habitué à tourner en rond autour de la Tour Eiffel à considérer deux ou trois petites choses sans importance, car n’intéressant que 95% de la population française, celle qui vit au sud d’Athis-Mons et au nord de Sarcelles.
 
Le budget qui, depuis deux cents ans, permet d’alimenter les fantastiques réserves de ce musée-monde émane – mis à part les pillages divers et variés des armées napoléoniennes et autres au gré des campagnes victorieuses – des efforts contraints de tous les français imposables.
 
Qui doivent encore débourser pour aller admirer le résultat.
 
De nos jours, le Marseillais ou le Dignois qui veulent profiter de ce formidable concentré d’art et d’histoire doit dépenser de 90 à 200€ de train ou d’avion, voyager de 6 à 12 heures selon le lieu où il vit, pour se rendre simplement à Paris, puis revenir chez lui.
 
Il lui faudra encore régler son hébergement. Tout le monde, loin de là, ne peut compter sur amis et famille installés en Région Parisienne. Comptez à nouveau de 50 à 150 € pour simplement passer une nuit sur place.
 
Pour un Parisien, mis à part le prix du ticket de métro, cela ne coutera rien…
 
Nous soumettons, au passage, ces mesquins calculs de gagne-petit provinciaux aux pourfendeurs des langues régionales. Qu’ils y repensent avant d’insister sur le fait qu’aider à leur renouveau provoquerait une insupportable inégalité territoriale entre les Français.
 
Bien entendu une solution permettrait au public parisien de profiter gratuitement des joies du Louvre ou de la Gare d’Orsay, tout en contentant les publics régionaux qui consentent aujourd’hui à faire la joie des comptables de la SNCF ou des compagnies hôtelières.
 
Il suffirait pour cela de doter les musées « provinciaux » de toutes ces œuvres, que leur public serait heureux de voir sans dépenser autant.

Rendons donc aux régions françaises les oeuvres des artistes qui y ont grandi.
 
L’embarquement pour Cythère de Watteau ? A Valenciennes ! La Vénus d’Arles ?...à Arles, où le Musée de l’Antique lui ferait une belle place, remisant la copie dans ses réserves. Le Bain turc d’Ingres ? A Montauban. Le Radeau de la Méduse ? A Rouen d’où venait Géricault, et où pourraient suivre tous les Poussin du Louvre. Les Fromentin d’Orsay iraient à La Rochelle, et ainsi de suite.
 
Il faudrait bien laisser sur place l’ensemble des Monet et autres Corot, qui sont Parisiens, mais les compensations seraient belles. Nous verrions revenir au musée Granet d’Aix les  Joueurs de cartes de Cézanne…
 
Nous soumettons ces quelques réflexions à nos lecteurs. Ils sont sans doute d’un côté heureux de s’échapper parfois à Paris. Mais ils verraient mieux rayonner leur propre ville si celle-ci attirait une partie des visiteurs du Louvre ou d’Orsay.
 
Et nous soumettons à Mme Filippetti, notre ministre de la Culture, cette possible alternative : gardez donc à Paris ce qui en fait l’attirance internationale, mais reconnaissez que les non-Parisiens doivent voir compenser les efforts qu’ils consentent pour profiter de trésors qui ne coûtent que quelques instants et une somme modique aux Parisiens.           
 
Question d’équité territoriale.      

Dimanche 16 Février 2014
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