Aquò d'Aqui


Lo dire d’Elie Lebre (15)

Comment un paysan provençal du XXème siècle disait son temps, les saisons, le bon sens... dans sa langue de tous les jours. Quinzième semaine…

Ouvrage édité par l'Aeloc
L’agriculteur érudit et curieux Elie Lèbre (Cucuron –  Luberon : 1920-91) par bonheur rencontra l’occitaniste Madeleine Jaquier, et le fruit d’années de collectage nous a permis d’en savoir beaucoup sur la manière vivante et quotidienne de parler provençal.
 
Avec l’aimable autorisation d’Alain Barthelémy-Vigouroux qui a organisé la masse de notes et d’enregistrements issus de ce travail, nous vous en offrons un morceau chaque semaine, en vous recommandant d’acquérir le livre édité par l’Association Pour l’Enseignement de la Langue d’Oc .






Siatz cinquanta dos indispensables

52 contributeurs entre janvier et avril ont ajouté un supplément au prix de leur abonnement au mensuel Aquò d'Aquí, et c'est ainsi depuis deux ans. Leurs dons indispensables permettent à l'ultime magazine d'actualité en langue occitane de faire un pied de nez aux cassandres qui prédisent la mort de la diversité linguistique pour dire le monde.

Cinquantados contributors an portat pèira a Aquò d'Aquí dau tèmps dau darrier trimèstre, que li an aduch precisament 753,5 €uròs. Aquò representa a pauc près la meitat dau còst de l'estampaire per un numerò.














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Entre lavando dóu Ventour e afouga de lengo d’O li Cha-Cha fasien fèsto


SAULT. Les Cha-cha du Ventoux ont investi la Fête de la Lavande à Sault (84). Entre les artisans et les aimants à touristes, ces associations locales de mainteneurs ont rappelé qu’une culture ça a un véhicule, la langue du pays.



A Sault, le 15 août dernier (photo XDR)
A Sault, le 15 août dernier (photo XDR)
Sus lou planestèu de Saut dins la Vau-Cluso, lou 15 d’Avoust, desempièi un mouloun
d’annado, se debano uno fiero estivalo que ié disoun «La fèsto di lavando».

Es pas de crèire coumo acò atrivo de mounde de tout caire : un fourniguié uman barrulo au mitan di mesteirau, di pintre, di vendèire de bachiquello , di chivau arnesca, di tratour fumadis, di carreto ramado o di dansarello coustumado... es à dire uno revisto fóuclourisanto e perfumado un pau aganto-couioun pèr de milierado de touristo esbalausi.

Au mitan d’aquéli tarnagas , i’avié tambèn uno chourmo d’afouga espeloufi qu’an adu de crous óucitano e de bandeirolo prouvençalo tant coume de jo de bos, de journau coumo Aquò d’Aquí e Prouvènço d’Aro, de libre e de disque sarra en lengo d’o. 

Jouga, barjaca...e reguigna

Pichot coumo grandet an treva l’endré, i’an jouga, i’an barjaca o begu de café. N’ia meme agu pèr signa uno peticioun «Voulèn uno lèi pèr li lengo  de Franço» ! Aquélis aucèu de la bono, ié disoun «Li cha-cha de Ventour» que rèston au pèd dau gigant de Prouvènço amé la lengo d’o dins lou cor.
 
Soun sempre lèst pèr la faire clanti dins li carriero o dins l’escolo de soun vilajoun, aquéli d’aqui ! An meme agu l’escasènço de rescountra soun deputa, aquéu que se glourifico de canta «La Coupo», mai qu’a refusa de  signa la «Carto éuroupenco di lengo regiounalo» en bon jacoubinisto rebroussié e aparisenqui. Sian bèn soustengu à l’assemblado naciounalo, qué !

Rèn de nouvèu : la poulitico ei uno banasto de lengo de bos à bouta dins la chaminèio...
 Mai que siegue au mitan di touristo, di carriero o di mountagno, ié saren toujour riboun-ribagno, que li reguignaire de Ventour, de Marsiho, de Toulouso o dóu Carcassés soun d’aucèu tant pacifi coumo testard mai que mai, parai.
 

Lundi 22 Août 2016
Lou Raféu





1.Posté par ABADIE Alain le 23/08/2016 07:58
Qu'etz d'artistas los provençaus, de campions, mes quant avethz de grafias ? Quin podetz transmeter l'occitan dab tot aqueth mescladis ? Artistas o manteneires de la vielha reaccion maurasiana ?

2.Posté par Michel Neumuller le 23/08/2016 08:08
Un petit rappel des fondamentaux d'Aquò d'Aquí, à la suite de ce commentaire.
Ce journal accepte les deux graphies de la langue d'oc telles qu'elles sont utilisées en Provence, Nice et les Alpes, léguées par notre histoire : mistralienne et classique. Nous estimons qu'elles sont toutes deux respectables, et, entre nous, un lecteur un minimum averti passe très bien de l'une à l'autre. C'est ce qui arrive aussi à certains élèves qui, au cours de leur scolarité, auront affaire à un enseignant qui pratique l'une, puis à un autre formé à la seconde. Quant à établir une relation entre tradition politique et graphie utilisée, bien téméraire celui qui s'aventure sur ce terrain. Félix Gras et Clovis Hugues n'avaient pas le profil de thuriféraires de Maurras : l'un a écrit "Les rouges du Midi", l'autre fut le premier député socialiste français, élu à Marseille. Tous deux ont pu côtoyer le fondateur de l'Action Française...et l'apprécier sur un plan littéraire, mais certainement pas politique.

3.Posté par Denis DROUET le 24/08/2016 18:24
Car Miquéu, au risque de te faire rougir je ne peux ni ne veux m'empêcher de te dire et de dire à tous nos frères lecteurs que ton texte ci-dessus (en réponse à Alain Abadie) est parfait : le contenu, le ton, les vocables choisis, les précisions et les exemples mais aussi la nécessaire part d'ombre ... tout est juste et pousse qui te lit (ieu lo beu premier / iéu lou bèu proumié) à penser et à grandir.

J'ai vécu mon bel âge à une époque où la garouille occitano-félibréenne ou félibro-occitaniste faisait rage et surtout laissait des monceaux d'amateurs déçus sur les bords de la route ... eh oui notre culture aussi a eu ses staliniens (et des deux côtés hélas). Maintenant que je suis vieux et que je me gratte dans la nostalgie de Daumas, Mauris, Marti et tant d'autres que j'écoute en boucle, je suis au moins heureux et fier d'une chose : très tôt (oh pas assez) j'ai pris le parti de la tolérance graphique et j'ai pratiqué, enseigné les deux ... et me suis bien gardé de l'amalgame graphie-politique que tu dénonces si bien.
D'ailleurs l'histoire contemporaine nous offre de "plaisants" retours, volte-face et inversions de perspectives de divers ordres qui peuvent nous décoincer un moment les brègues : tel jeune "occitaniste" farouche dénonciateur du facho Mistral, drapé dans ses évidences communistes (on est sous Georges Marchais) se retrouve au Parti Socialiste (et pas parmi les frondeurs, non) tandis que tel félibre (pas tous hélas, mais je n'exprime là que mon choix que j'assume) ayant pourtant gardé sa graphie si longtemps reprochée, crée un groupe d'appui JLM2017 dans son village pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. On a déjà vu position plus "maurrassienne".
Je m'arrête là mais serais heureux de poursuivre le débat que Alain et toi avez ouvert (à l'antenne ou hors antenne comme on dit au pays des boudragues vertes).

Denis DROUET (Trets)

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Uno marcho di fierta countrariado

AVIGNON. Les Gay Pride sont faites pour que la diversité s’affiche, s’affirme, gaiement et en couleurs. Quittant le chantier de l’Oustau Prouvençau e Occitan de Sault, bientôt inauguré, Raphaël a participé à celle d’Avignon. Hélas ! Tout y a été contraint par des autorités locales qui semblaient vouloir, sans vouloir.

Rafaèl Cuny
Lou darrié dissate, tres de setèmbre, m'anère espaceja dóu coustat de la ciéuta papalo, qu'aviéu ausi que se ié debanavo la proumiero Gay Pride avignounenco, caminado di fierta.



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