Aquò d'Aqui

Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Avec lui tout n’est pas bon

Jacques Toubon a-t-il le profil ?


Défenseur des droits l'homme politique homophobe, partisan de la peine de mort en son temps, et pourfendeur constitutionnel des langues de France ?



Avec l’autorisation de Moussu T. e lei Jovents on aurait pu tenter de modifier légèrement la chanson : « pour de bon ils nous le font ! », pour un « pour de bon, le Toubon ils nous le font ! ».

Entre autres il avait enfoui les langues régionales dans l'univers du non-droit.

Le nouveau Défenseur des Droits, organisme indépendant que tout citoyen, victime d’injustice, peut saisir, fut un ferme partisan de la peine de mort. Opposé à la dépénalisation de l’homosexualité, quand il en a été question voici trente ans, il voulait aussi en  1992 pouvoir pénaliser la transmission du VIH par imprudence. La même année il s’opposait à la loi sur le harcèlement sexuel.
 
C’est du lourd !
 
Et si l’ancien ministre de la Culture de Jacques Chirac s’est retiré, officiellement, de la politique en 2001, il n’en soutient pas moins, à l’occasion, d’autres homes politiques, quand ceux-ci tiennent des propos homophobes.
 
Enfin, on lui doit une loi qui en 1994, prétendait imposer le français dans tous les actes de communication grand public. Il s’agissait bien entendu de contrer le « tout anglais ». Comme toujours, la langue de Shakespeare ne fut pas affectée le moins du monde dans l’hexagone, en revanche les langues de France, elles, furent un peu plus contrainte à la discrétion, un peu plus tenue éloignée de l’univers du droit. 
 
Bref, a priori Jacques Toubon était le candidat idéal pour un président de gauche qui n’a de cesse de donner des gages à la droite à tout propos.
 
Nous essaierons toutefois ici de « repêcher » Jacques Toubon. Qu’avait-il fumé le 22 novembre 2013, quand, lors d’une rencontre du think tank (un mot théoriquement prohibé par la Loi Toubon, of course) Forum d’Avignon ?
 
Ce jour-là il a pris la parole publiquement pour regretter vivement que l’Union Européenne n’ait pas de compétences en matière culturelle. « Il faut une politique européenne de la culture, ce qui implique de modifier les traités » avait-il dit.
 
Certes l’Europe s’occupe de culture. C’est même pourquoi deux mois avant la « sortie » de Jacques Toubon, le député EELV François Alfonsi avait fait adopter un rapport qui, au final, décida l’Assemblée Nationale française à relancer le débat pour la signature de la Charte européenne des langues régionales.
 
On ne croit bien sûr pas un instant que c’est le type d’initiative européenne qui aura plu à Jacques Toubon. On pense plutôt qu’il n’aurait pas été mécontent qu’une directive sociale mette à genoux le système franco-belge de l’intermittence dans les métiers du spectacle.
 
Sa vision de l’économie de la culture, au reste, pourrait trouver des faveurs à gauche. Pour lui il faut une politique européenne capable de faire pièce aux youtube et autres google qui spolient sans arrêt les auteurs de leurs droits. Et qui finira par ôter leurs chances d’être financées aux politiques culturelles.
 
On sait bien ce qu’il en est des hommes politiques quand ils cherchent à être cooptés. Tel loup droitier se transforme un temps en agneau gauchisant. Tel homme de gauche, humaniste et vaguement internationaliste se mute en chasseur de Roms…ça aide à devenir premier ministre.
 
Aussi, Toubon Défenseur des droits créera-t-il peut-être la surprise en donnant raison aux homosexuels que tel maire frontiste refuse de marier. Peut-être l’entendrons nous pester contre les conditions lamentables faites aux prisonniers en France.
 
Mais doutons de le voir l’an que ven, se scandaliser qu’un maire languedocien ne puisse doter l’entrée de sa ville d’un panneau rédigé en occitan.

Mercredi 25 Juin 2014
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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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