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Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Secrets d’ici fait visiter la cultura d’aici…


AIX. L’occitan se valorise aussi professionnellement. A Aix-en-Provence, les jeunes guides-conférenciers de Secrets d’Ici l’emploient pour enrichir leurs visites et partager avec les visiteurs un peu plus que l’histoire des belles pierres.



Lors de certaines visites le provençal est un outil privilégié de la connaissance de la ville (photo MN)
Lors de certaines visites le provençal est un outil privilégié de la connaissance de la ville (photo MN)
« Il y a en Provence un dicton qui affirme : « l’aiga es d’aur » explique Arthur sur la passerelle d’accès à la Cour d’Appel d’Aix. En contrebas, deux fosses remplies d’eau signalent une antique noria.
 
Le provençal d’Arthur n’est plus si épouvantable qu’en juillet, quand nous l’avions fortuitement rencontré Plaço de la Coumuno, toujours à Aix. Ce Rémois expliquait alors à un groupe de visiteurs que les plaques bilingues des rues du centre n’étaient pas rédigées « en patois », mais dans une langue qui disait l’histoire du pays.
 
Avec une autre guide conférencière, Mylène Margail, Arthur a créé « Secrets d’ici ». « Nous essayons de faire découvrir l’histoire du pays d’Aix à partir d’anecdotes » explique Mylène.
 
Parfois elles sont assez poivrées, comme le portrait peu amène que fait Casanova du baile local, le duc de Villars. Quelquefois elle passent par la case faits divers. D’autres fois par la relation d’une ascension sociale, comme celle de ce Maurel, qui épousa trois femmes nobles et accrut son capital d’autant de dots au XVIIè siècle.
 
Et quand les visiteurs sélectionnent sur internet une visite « secrète et authentique  », on y parlera surement un minimum provençal, pour soutenir le propos en français. Tout comme avec celles consacrées à la découvertes de villages sestians.
 
Ce jour-là les visiteurs sont Belfortains. Au mitan de la rue Aude, Mylène leur parle de deux célébrités locales : Cézanne né ici, Zola venu de Paris. « Personne ne s'adressait à Zola au lycée car il était le seul à ne pas parler provençal. Cézanne vint vers lui, et ce fut le début d’une grande amitié ».

"La langue soutient la connaissance du patrimoine à partager"

Arthur était sensibilisé à la défense du patrimoine immatériel, Mylène s'est souvenue du provençal parlé par sa grand-mère. Et les visiteurs auront une information plus juste, vivante et complète sur la ville qu'ils découvrent (photo MN)
Arthur était sensibilisé à la défense du patrimoine immatériel, Mylène s'est souvenue du provençal parlé par sa grand-mère. Et les visiteurs auront une information plus juste, vivante et complète sur la ville qu'ils découvrent (photo MN)
Sur les marches du Palais de Justice, on évoque l’histoire climatique. « Ici on dit : « quand Venturi pòrta lo capèu (de nivòls) pren ton capèu e leu corre ! ». C’est qu’un gros grain est alors en gestation…
 
« Ma grand-mère, à Beaurecueil, me parlait un français truffé de provençal, mais moi je pensais de bonne foi que c’était tout simplement du français, » relate Mylène Margail. « J’ai pensé valoriser ce qui finalement était une richesse à partager ».
 
Pour Arthur la démarche est plus intellectuelle. «  Je suis venu ici d’abord pour mener des fouilles archéologiques. Je pense que le patrimoine est à protéger. Or, en France, le patrimoine le moins protégé ce sont les langues régionales. »
 
On arrive devant l’Hôtel de Ville, où les visiteurs ont droit à une explication détaillée et politique des armes de la ville. Car la bannière catalane de l’époque des comtes Berenguier a du se voir adjoindre la croix de Jérusalem et des fleurs de lys.
 
Et c’est là qu’on apprend que la conférencière parle catalan. Un souvenir d’enfance, passée largement à Andorra la Vella ! « Il faudrait que je m’y remette. Je reçois des groupes espagnols. Qui sait si ça ne servirait pas. »

Vendredi 4 Septembre 2015
Michel Neumuller




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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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