Glaudi Bressand nous a quitté

Il était habitué des stages d'occitan estivaux, durant lesquels il pratiquait son activité de prédilection : l'écoute des autres.

Glaudi Bressand  nous a quitté
Glaudi Bressand s’est simplement affaissé lors d’une cueillette en montagne le 30 juillet dernier, et ne s’est plus relevé. Il avait 72 ans. 






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Régionalistes et acteurs culturels ont besoin de se parler




Il n’est pas certain que les participants régionalistes et les professionnels régionaux de l’animation culturelle des territoires se soient bien compris, le 11 décembre lors d’un colloque très fréquenté sur le développement durable des territoires via la culture.

acquérir les outils indispensables à la compréhension du territoire

Tout partait d’un bon sentiment frappé au coin de l’intelligence, dans ce colloque porté par l'Arpe Paca. La culture régionale participe du développement soutenable de Provence Alpes Côte d’Azur. On ne décline pas celui-ci de la même manière au Groenland, en Australie et en Occitanie, c’est l’évidence.

Mais en pratique qu’il a été difficile de s’entendre entre régionalistes qui venaient en nombre dans un atelier consacré à la culture régionale facteur de développement territorial, et les acteurs culturels de terrain qui avaient largement mis de côté la langue d’Oc dans leurs pratiques !

Les premiers étaient en demande de reconnaissance. Une demande exigeante, incontournable, irrédentiste, qui fait face à un écrasement multiséculaire de la part de l’Etat, et d’une tenue à l’écart que celui-ci pratique toujours, autant qu’il le peut.

Les seconds bataillent ferme pour recréer du lien dans les quartiers déshérités et les campagnes reculées. Les oubliés des festivals bien dotés ont besoin de l’action de ces professionnels. Ils ont eux aussi besoin de reconnaissance, particulièrement à l’heure de la décroissance des budgets culturels.

On a bien du mal à voir en Romain Chaffard (Le plancher des chèvres, 83 Bauduen) un fossoyeur de la culture régionale. Installé dans le Haut-Var, il y organise des représentations théâtrales chez l’habitant une fois les touristes partis, à la fin de l’été. Avec lui, les voisins parlent aux voisins ! Ils échappent aussi à la télévision.

On serait bien en peine de vêtir Marc Mallen, du Centre d’Oralité Alpine, du costume du parfait écraseur de langue occitane. Il cherche à favoriser la parole des anciens, de ceux qui ont à construire pour nos enfants une mémoire du pays.

Mais il est évident que ces acteurs-là, et des centaines avec eux, n’ajoutent pas, ou peu, la langue régionale à leur panoplie d’outils. Et sans celle-ci, du point de vue régionaliste, ils remplissent imparfaitement leur rôle. La faute, souvent, à la méconnaissance de l’occitan qu’on parle chez eux, et parfois à l’incompréhension de la sociolinguistique qui leur dirait pourquoi de parfaits occitanophones ne leur parleront jamais que français.

C’est aux défenseurs de la langue occitane, dans toutes ses variétés dialectales, de faire le chemin nécessaire pour que ces professionnels comprennent mieux l’enjeu. C’est grâce aux promoteurs de la langue d’oc que les acteurs culturels des territoires doivent acquérir les outils indispensables pour réaliser au mieux leur mission.

Si la bonne volonté des uns est réelle, et si les autres peuvent modérer leur envie de reconnaissance pour jouer efficace, il doit être possible de se parler…durablement, pour le plus grand bien des uns, des autres, et de leur public : cinq millions de Provençaux, Niçois et Gavots, de toutes origines.

L’enjeu n’est donc pas mince.

 

Mercredi 12 Décembre 2012
Michel Neumuller




1.Posté par Pascau RECOTILLET le 13/12/2012 12:23
Ayant participé au dit atelier, je souhaite rappeler son intitulé et dire en quoi ma déception a été grande.
"Diversités culturelles & identité régionale, piliers du vire ensemble", tel était l'intitulé.
Nous avons eu droit à la présentation d'une suite d'associations oeuvrant dans le domaine artistique à l'exception du responsable du Centre de l'Oralité Alpine et de P. Gauthier, attaché au CG 13 pour la valorisation de la culture provençale.
La plupart de ces acteurs culturels se présentent comme apportant de la culture à tel ou tel endroit, sous-entendant sans s'en rendre compte qu'il n'y en aurait pas là où ils interviennent. Ce fut particulièrement choquant en particulier quand le jeune homme de l'association "le plancher des chèvres" déclara tout de go avec son bel accent parisien: "dans ces campagnes reculées, il n'y a rien et il ne s'y passe rien de septembre à juin". Il s'agit pour le moins de condescendance et moi je dirais de mépris profond; il s'agit en plus d'une ignorance parfaite de ce qui se passe sur ce territoire où il existe un nombre d'associations impressionnant oeuvrant dans tous les domaines.
Lorsque je suis intervenu pour leur demander en quoi tout cela participait du "vivre ensemble", je n'ai obtenu aucune réponse.
Alors effectivement, il est très difficile de parler avec ce type d'acteurs qui ignorent les lambeaux de culture qui subsistent de ci de là sur le territoire de la région administrative et qu'il faudrait valoriser plutôt que continuer à les regarder de haut comme certains l'ont fait durant cet atelier.
J'en viens à penser que la sauvegarde et la continuité de notre culture ne passe décidément pas par cette voie et que là encore, les occitans de la région ne doivent compter que sur eux-mêmes.

2.Posté par Michel Neumuller le 13/12/2012 16:17
A l'attention de nos lecteurs : un compte rendu de la manifestation à laquelle fait référence notre interlocuteur sera prochainement proposé sur le site web d'Aquò d'Aquí

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