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Lo dire d’Elie Lebre (15)

Comment un paysan provençal du XXème siècle disait son temps, les saisons, le bon sens... dans sa langue de tous les jours. Quinzième semaine…

Ouvrage édité par l'Aeloc
L’agriculteur érudit et curieux Elie Lèbre (Cucuron –  Luberon : 1920-91) par bonheur rencontra l’occitaniste Madeleine Jaquier, et le fruit d’années de collectage nous a permis d’en savoir beaucoup sur la manière vivante et quotidienne de parler provençal.
 
Avec l’aimable autorisation d’Alain Barthelémy-Vigouroux qui a organisé la masse de notes et d’enregistrements issus de ce travail, nous vous en offrons un morceau chaque semaine, en vous recommandant d’acquérir le livre édité par l’Association Pour l’Enseignement de la Langue d’Oc .






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Nelly Pulicani défend le Mémento occitan de la voix et du geste


PARIS. Entre monde imaginaire et réalité tangible, Nelly Pulicani descend dans l’arène pour nous confronter avec brio au texte d’André Benedetto.



Comme dans une arène, l'interprète défend le texte de la voix et du geste (photo XDR)
Comme dans une arène, l'interprète défend le texte de la voix et du geste (photo XDR)
André Benedetto (1934-2009), le fondateur du  Festival off d’Avignon, voit son célèbre mémento occitan réinterprété à Paris, au Théâtre de l’Opprimé*. Montée par  Nelly Pulicani, la pièce nous emmène à la découverte d'un pays imaginaire – l’Occitanie -  dans ce qu’il a, paradoxalement, de plus tangible.
 
Tout commence comme dans une arène où vous viendriez voir se battre un taureau. Vous y prenez place, dans les gradins qui surplombent une petite scène, puis vous vous retrouvez plongé dans l’obscurité.
 
Dans un concert de sonorités glanées dans la garrigue, la scène s’allume alors,  vous quittez cette cécité passagère.
 
Plantée au milieu d’un amas d’écorces de pins, la silhouette d’une jeune femme vous fait face. Elle est à l’image d’un taureau qui toise son bourreau, elle se concentre pour enfin s’élancer.
 
Le jeu de Nelly Pulicani, jeune actrice diplômée de l’ENSATS Lyon, pourrait se résumer à ce ballet d’acrobaties et de sons qui font bien plus que reprendre les mots du poète.
 
Très vite la scène du petit théâtre semble se dédoubler. Dans l’arène l’actrice virevolte avec le texte comme un taureau avec son matador. Sur les murs, grâce à un astucieux jeu de lumières, un spectacle d’ombres chinoises fait écho aux rêveries du troubadour. 

Avec chaleur l’actrice prouve que ce texte doit être d'abord entendu

Nelly Pulicani (Photo XDR)
Nelly Pulicani (Photo XDR)
Mais au-delà de la performance physique, Nelly Pulicani veut jouer avec les sonorités de la langue d’Oc.

Parfois plus qu’évident, mais jamais caricaturé, l’accent méridional porte le texte bien mieux que son support papier. La salle ne s’y trompe guère.

Pour les Parisiens l’occitan invite au voyage, et provoque bien quelques sourires. Mais pour les Méridionaux, toute la chaleur et les senteurs du pays, soudain, s’invitent à Paris.
 
Incontestablement on approche du « duende » de Garcia Lorca, dans cette capacité qu’a la jeune comédienne à danser avec les mots du poète.
 
Aussi on ne saurait que trop vous recommander de garder en mémoire la très prometteuse Nelly Pulicani. Et tout autant de redécouvrir les œuvres d’André Benedetto.
 


* Donné dans le cadre du festival Solis, au théâtre de l’Opprimé, 78 rue du Charolais - 75012 Paris Le Memento Occitan a été joué au théâtre de l’Opprimé  à Paris du 20 avril au 1er mai 2016. Interprété par Nelly Pulicani, sous les lumières de Laura Suer et les sons de Sophie Berger.

 

L’extrait choisi par Nelly Pulicani pour les lecteurs d’Aquò d’Aquí

L’interprète du texte d’André Benedetto a souhaité de préférence que nous publiions cet extrait du Mémento.

L’Occitanie dans sa robe de sel et d’ocre
Et terres abandonnées au plus offrant
Abandonnée de tous vous rend ici visite
Et qui vous regardant de ses grands yeux dirait
Ils sont tous toutes là ou presque tous et toutes
Caracolant sur des hauts parleurs étonnants
Indestructibles rocs sous les griffes des vents
Comme de hauts vaisseaux qui doublent le cap Horn
Exposés de plein fouet aux chocs des hautes vagues
A l’épreuve du froid du sel des éléments
Battus par les assauts de l’amour et du temps
Dans cette nuit déjà à venir du plein jour
On est toujours comme au bout du monde toujours
 
Memento occitan. Marseille & Méditerranée. Remoulins-sur-Gardons, J. Brémond, 2013. 26-69 p. est également disponible à Avignon, Maison Jean Vilar
 


Mercredi 4 Mai 2016
Julian Bonnefont





1.Posté par Frédéric PELLOUD le 05/05/2016 10:51
Bravo pour ce bel article qui m'a rendu impatient de lire Benedetto. La citation est magnifique et j'en aurais bien voulu davantage! J'espère qu'il restera une trace filmée du spectacle à Paris et qu'il y aura d'autres représentations par chez nous.

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