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Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Marier les Régions ? Plutôt avec liste de mariage alors




Certes, il n’y a aucune illusion à entretenir quant à la volonté gouvernementale de décentraliser. On l’a encore constaté lors du discours de politique générale de Manuel Valls mardi 8 avril 2014.
 
Pour lui, la gestion comptable des affaires territoriales est la règle. Toute économie est bonne à prendre, et même à générer.

Des Régions regroupées et fortes ? Chiche.

Mais on pouvait s’attendre à voir réellement optimiser la régionalisation forcée que veut mener M. Valls.
 
Nos Régions ont un an pour se fédérer de bonne grâce, après quoi les mariages seront forcés. C’est en résumé la position fermement défendue par notre nouveau premier ministre devant l’Assemblée Nationale.
 
Celles qui acceptent l’union libre ne verront pas, durant quelques années, baisser leur dotation. Epousez-vous, et à défaut de liste de Mariage, au moins on ne baissera pas vos allocations. C’est tout  ce que l’Etat est en mesure de vouloir et de promettre.
 
Cette pingrerie montre déjà les raisons de ce regroupement forcé. Il ne s’agit pas de créer les Régions fortes que toute l’Europe, Grèce à part, a déjà favorisé. Celles-ci apportent leur poids dans l’économie européenne. Et il est parfois considérable.
 
Les budgets cumulés des trois régions susceptibles de créer une future entité : Rhône-Alpes, Languedoc Roussillon et Provence Alpes Côte d’Azur, ne dépasseraient pas 5,5 mds€. Pour une population de 13 millions d’habitants.
 
A titre de comparaison, la Généralité de Catalogne, six millions d’habitants, a voté pour 2014 un budget de 29,30 mds€, qui est pourtant en retrait d’1% sur 2013, et comparable à plus d’un länder allemand de ce point de vue.
 
On est loin d’y parvenir.
 
Le gouvernement devrait soit dire franchement qu’il veut des Régions moins chères à doter, soit qu’il veut des Régions assez fortes pour assurer leur développement, et partant celui du pays. Ce serait un réel choix politique.
 
Au lieu de cela, le ton martial mais les poches vides, le premier ministre reste aussi timoré que ses prédécesseurs, qui n’ont jamais admis que la régionalisation pouvait être une chance.
 
C’est une certaine logique. C’est déjà au moment où l’Union Européenne réduit ses propres budgets que l’Etat en France laisse cette dernière discuter avec les Régions de l’attribution des fonds européens. Il ne se défaussait pas sur les Régions, quand l’Europe avait encore des allures de vache à lait.
 
Plutôt que d’appâter à coup de dotations d’Etat des Régions amenées à s’allier, que Matignon n’annonce-t-il pas plutôt quels impôts il autorisera les nouvelles entités à prélever à sa place. Que ne leur donne-t-il pas les moyens fiscaux et réglementaires d’aller de l’avant ?
 
Les réticences de certains « patrons » de Régions seraient vite levées alors.
 
Celui de Provence Alpes Côte d’Azur avait il y a un mois annoncé qu’il ne voulait pas entendre parler d’une fusion entre Régions. Il lui serait difficile de camper sur cette position si la promesse d’un développement accompagnait les épousailles territoriales. Il a beau jeu de maintenir sa position si le changement ne signifie pas un espoir de mieux être.

Mercredi 9 Avril 2014
Aquò d'Aquí





1.Posté par Elisabeth PAIN le 09/04/2014 18:36
Et si l'on recréée une région toute "occitane" ?

2.Posté par bibi le 11/04/2014 08:24
Egos en chamin ? Rèsta plus que d'assistir a las batèstas entre presidents de regions actualas per saber cu serè lo president de region novèla. O esperar que saupèsson èstre intelligents.

Senon, un constat : d'un costat lo Principat de Catalonha chamina de per eu vèrs l'avenir. De l'autre, las regions de França son forçaas a chaminar.

3.Posté par Tautil Gérard le 30/04/2014 18:35
Non, la "décentralisation" des régions n'est pas la "régionalisation" espérée! C'est bien la centralisation en trompe l' oeil qui est au bout de cette réforme qui n'est pas plus une réforme de l'Etat.
Si AA a raison de dénoncer la marche forcée des régions dans la recherche des budgets introuvables- à défaut d'un versement direct des fonds européens-, il reste à connaître les compétences correspondantes réelles . Silence radio pour le moment sur ce point.

D'autres questions se posent en corollaires :

- Quelle disparition? Des départements ou des Conseils Généraux? Marylise Lebranchu parle de la disparition des départements à terme; d'autres seulement des CR...Difficile de penser les uns sans les autres...La fronde des élus départementaux -toutes tendances confondues- est en marche. Que pense le sphinx F.Hollande de cet habillage a vue? Il n'en pense pas moins...

- Quelles relations entre les métropoles et les Régions en matière de compétences et de budgets.? Déshabiller Pierre pour habiller Paul?

La mariée est bien nue.
L'indigence politique du Centre n'a jamais été aussi hésitante, du moins en apparence.
Rendez-vous lors de la publication du "projet final" du gouvernemental.

C'est un débat que devrait lancer AA sans tarder avec les élus régionaux concernés et les citoyens.

Amistat
GT

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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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