Aquò d'Aqui

Quelques proverbes de Novembre

Relatifs au mois de novembre, ils nous parlent d'un temps d'avant le réchauffement climatique, d'évidence...

Òme de novembre es de bòna fusta
femna de novembre laissa que tabusta


(homme né en novembre sera de bon bois
femme née en novembre sera suractive)

in De qué farà aquel temps ?
(Petit précis de météorologie populaire occitane)
Pierre Mazodier - Marpoc

Per San Martin,
Boucho toun vin
Mette toun chàu dedin.


(Pour Saint Martin
bouche ton vin
et enferme ton chou)

in  Proverbes et dictons des Hautes-Alpes et de l'Ubaye 
éditions du Roc












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Honnorat, fondateur de la graphie classique et conservateur


C'est l'anniversaire du père de la graphie classique de l'occitan. Un Dignois, Simon-Jude Honnorat (1783-1852). Son Dictionnaire Provencal-Français ou dictionnaire de la langue d’Oc ancienne et moderne a été publié en 1847.



Simon-Jude Honnorat, tel que son portrait le montre dans la salle que lui consacre le Musée Gassendi, à Digne (photo XDR)
Simon-Jude Honnorat, tel que son portrait le montre dans la salle que lui consacre le Musée Gassendi, à Digne (photo XDR)
Né le 3 avril 1783 au Haut-Villard, près d’Allos (04) Simon-Jude Honnorat nous est connu pour avoir publié, à la toute fin de la monarchie de juillet, le premier dictionnaire de référence de l’occitan à l’ère moderne.
 
Son Dictionnaire Provencal-Français ou dictionnaire de la langue d’Oc ancienne et moderne, édité en 1846-47, grâce à une souscription, suivant une aide du ministère de l’Instruction Publique, est aujourd’hui encore un fondement majeur de la graphie classique de l’occitan, tout au moins de ses dialectes provençaux.
 
Cet érudit prépara son œuvre dans le cadre de ses activités, au sein du Congrès des Poètes Provençaux …que quittera pourtant bientôt Joseph Roumanille, en 1853, pour se livrer à une œuvre de simplification graphique qui devait aboutir à la création de la graphie dite Mistralienne.
 
Simon-Jude Honnorat partage avec Frédéric Mistral un même ressort de la pensée politique. Il se définit contre le centralisme. Mais, lui, met dans le même sac Républicains, Monarchie de Juillet et Centralisme Français. Il développe son œuvre comme un combat contre ces trois ennemis, confondus. 

Il renonce à Paris et développe son oeuvre à Digne

A peine l'oeuvre d'Honnorat est-elle publiée, que sa graphie est contestée par Joseph Roumanille (photo XDR)
A peine l'oeuvre d'Honnorat est-elle publiée, que sa graphie est contestée par Joseph Roumanille (photo XDR)
Et l’inimitié politique qu’il s’attire ne l’aidera pas à publier son dictionnaire général, prêt depuis longtemps, mais pour l’impression duquel il ne recevra pas d’aide durant des années.
 
Le jeune Honnorat va faire sa médecine à Grenoble, puis à Paris, où il est introduit  dans les cercles provençaux de la bonne société, sous l’Empire. Cependant, ses diplômes en poche, il préfère, contrairement à beaucoup, rentrer au pays.
 
Marié à la fille d’un notable varois depuis ses 17 ans, il s’installe bientôt à Digne, où l’éducation de ses enfants sera plus facile. Son  fils Hyacinthe, plus tard exilé à Lille, aura des options politiques radicalement différentes, et se fera connaitre comme libéral, acharné contre la Restauration monarchique après la défaite de Sedan.
 
Simon-Jude, médecin, ne chôme pas. Ce conservateur en politique, est aussi un médecin des pauvres, à l’heure des dernières grandes épidémies qui affectent la Provence.
 
C’est d’ailleurs à son action comme docteur que fait référence d’abord son épitaphe.

Savant modeste
Ami des pauvres
Mort à Digne le 31 juillet 1852
Laissant pour héritage
à son pays
un monument de sa langue
aux malheureux
le souvenir de ses bienfaits


Lundi 3 Avril 2017
Michel Neumuller




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Dison que...

L'Etat protège toujours aussi peu mais impose toujours autant

L'autorité de l'Etat s'exerce depuis Paris et impose ses décisions à tous. Pour nous éviter le retour de la pandémie peut-être sont elles justifiées. Mais la méthode elle est injustifiable. Il est grand temps que nos élus prennent le pouvoir que le mépris jacobin leur dénie.

Voici donc le retour des restrictions majeures : sur le territoire de la métropole d'Aix-Marseille, les bars et restaurants ferment. En fait les lieux de rencontre, où l'épidémie peut circuler, mais aussi les idées et une certaine idée du bonheur.

Et peut-être fallait-il en passer par là. Mais qu'en décide une conversation téléphonique entre un ministre siégeant à l'ombre de la Tour Eiffel et son préfet, certainement pas habitué de la vie sociale méditerranéenne, cela interroge.


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