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Vau mielhs èstre Parisenc...

SENANQUE. Menacée d'écroulement l'emblématique cistercienne du Vaucluse, malgré sa notoriété, ne recueille pas en un an, le trois centième de l'argent que Notre Dame de Paris a recueilli en 24 heures.

Vos ne'n rementatz ? En un jorn, fa pauc, lei grandei entrepresas an promes mai d'un miliard d'€uròs per un monument parisenc emblematic.

En Provença, fa un an que la Glèisa assaja de trobar tres cents còps mens, e lei mecenas, l'i vesem pas.

Fau èstre Parisenc.







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Fin de Setmana…


L'unique hebdo publié sur papier tout en occitan n'est plus. L'avis de décès est très amer, rédigé par ceux qui l'ont fait ou soutenu. Dure réalité économique ou plan de destruction institutionnel pour cause de non conformité politique ? Les éléments du débat.



Vistedit avait rendu service à l'usage de la langue occitane durant un quart de siècle (photo XDR)
Vistedit avait rendu service à l'usage de la langue occitane durant un quart de siècle (photo XDR)
Courant août un communiqué laconique l'annonçait, et des commentaires amers fusaient sur les réseaux sociaux, la société coopérative Vistedit déposait son bilan.
 
Créée en 1995 par le journaliste David Grosclaude, elle gérait des publications destinées à la jeunesse, qui trouvaient leur public en particulier parmi les écoles Calandretas. Mais le fer de lance de la coopérative restait l’hebdomadaire La Setmana, entièrement rédigé en occitan.
 
Un projet fou, qui pourtant avait trouvé un public. Hélas le public occitanophone se réduit, le militant encore plus, et les aides publiques s’avèrent indispensables pour que ce type de journaux subsiste.
 
A vrai dire les journaux en français touchent aussi des aides d’Etat : Le Figaro comme La Croix ou encore L’Humanité ne se privent pas de les demander, et de les obtenir, pour des centaines de milliers d’Euro.
 
Mais ici c’est une aide nettement plus modeste qui suffisait à garder en vie l’unique hebdo tout en occitan, et lui donner une chance de trouver un modèle économique sain, un public renouvelé.
comunicatfr4.pdf comunicatFR4.pdf  (1.42 Mo)

"L'objectif était bien de tuer Vistedit" selon elle-même

Patrick Roux, vice président de l'Oplo, mis en cause par les acteurs de Vistedit (photo MN)
Patrick Roux, vice président de l'Oplo, mis en cause par les acteurs de Vistedit (photo MN)
L’Office Public de la Langue Occitane, créé en 2015 regroupe les Régions Aquitaine et Occitanie, et dispose d’un budget total de plus de deux millions d’€uros. Présidé par une conseillère régionale d’Aquitaine, Charline Claveau-Abbadie, il compte parmi ses vice-présidents Patrick Roux, également vice-président de la Région Occitanie.
 
Ce dernier, occitaniste élu en 2015 sous l'étiquette Partit Occitan, est en particulier la cible des critiques occitanistes.  Réaction en particulier de la dite société Vistedit sur son Facebook : « Lors d’une interview donnée à Ràdio País, le vice-président de l’OPLO, Patrick Roux, affirme qu’il « n’y avait pas » d’abonnés à La Setmana. Il s’agit d’une contrevérité et donc d’une affirmation honteuse. Et il sait que cela n’est pas vrai. Comment ignorer qu’il y avait aux environs de 700 abonnés lors de la disparition du journal…Nous avons le sentiment que l’objectif était bien de tuer Vistedit et ses titres. »
 
Sentiment nourri par l’idée, lancée par le même vice-président, d’un appel à projet pour la création d’un média en occitan. Commentaire de Vistedit : « l’OPLO prefère dépenser de l’argent et de l’énergie pour la création d’un nouveau média plutôt que d’aider à la rénovation et à la modernisation de l’existant. Il n’a rien à faire de l’expérience professionnelle de quelques personnes qui ont fait vivre un hebdomadaire en occitan pendant 23 ans. »

Logique d'information versus logique de pouvoir

L’Assemblada Nacionala Occitana, un organisme qui vise à « la reconnaissance de la nation occitane », s’indigne de ce qui lui apparaît comme une manipulation « suspecte ». Bref, face à une presse de journalistes, l’Oplo aurait pensé faire table rase de l’existant avant de créer un média à sa main, ou a sa botte.
 
 
La Setmana revendiquait donc 700 abonnés. Et nombre de ses soutiens, sur le même réseau social, soulignaient quant à eux, le manque d’implication de nombreuses personnes qui auraient dû en rester abonnées. « Beaucoup qui aujourd’hui crient au loup, auraient du commencer par payer leur abonnement, le problème commence là », soutenait un ancien salarié.
 
La crise majeure de la presse d’expression occitane voit ses causes mises en évidence dans l’affaire de la disparition de Vistedit : les pouvoirs publics, fussent-ils là pour favoriser l’expression de la langue occitane, obéissent à leur propre logique de pouvoir ; le public favorable à cette expression n’est pas forcément prêt à s’impliquer. Un abonnement à La Setmana dépassait à peine 70€ ; un effort annuel que des retraités – le public occitanophile vieillit globalement – ne sont pourtant plus tous à même de réaliser.
L'équipe de l'Office Public de la Langue Occitane. Créé en septembre 2015, il affiche parmi ses missions le "soutien aux médias" (photo MN)
L'équipe de l'Office Public de la Langue Occitane. Créé en septembre 2015, il affiche parmi ses missions le "soutien aux médias" (photo MN)

Savoirs faire évanouis

Le gâchis est, au-delà de la perte du média en òc lui-même, d’ordre humain. Les quelques salariés de la coopérative avaient un savoir-faire. La perte de celui-ci grève l’avenir des projets d’éventuels médias indépendants. Or, seuls ceux-ci pourraient trouve un public. La Setmana attirait des bénévoles; ceux-ci sont indispensables aux projets médiatiques occitanistes ; ils les soutiennent de plusieurs façons : par leurs écrits mais aussi parce que partout ils sont les ambassadeurs des journaux pour lesquels ils donnent temps et enthousiasme.

Samedi 1 Septembre 2018
Michel Neumuller




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