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Chanjar la Constitucion ? Dins l'Aquò d'Aquí d'estiu ne'n parlam


Notre dossier de six pages consacré au rapports entre droit constitutionnel français et droit à l'enseignement des langues minoritaires fait appel à un spécialiste du droit public, avec cette question : comment changer efficacement la Constitution ?



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Donc exit l’enseignement immersif dans l’école publique ? La secrétaire de la Fédération des Enseignants de Langue et Culture Occitane (Felco) le déplore dans l’entretien qu’elle nous accorde. Mais dans ce numéro d’été d’Aquò d’Aquí, elle cherche à remettre de la raison sur l’affaire qu’a provoquée la décision du Conseil Constitutionnel, le 21 mai dernier, de censurer deux articles de la Loi Molac, votée le 8 avril précédent à une large majorité parlementaire.
 

Modifier la Constitution, oui, mais où et comment ?

Selon elle, l’immersion comme méthode d’apprentissage affecte avant tout les langues régionales non romanes, telles le breton ou le basque, dont le système syntaxique éloigné suppose un apprentissage renforcé. L’apprentissage de l’occitan serait moins affecté par la décision, mais il n’empêche que les espoirs déçus dans l’enseignement public se conjuguent avec une inégalité de traitement : l’enseignement public ne pourra toujours pas aller au delà des cinquante pourcent ni faire de la langue occitane une langue d’enseignement, pendant que l’enseignement associatif, lui, pourra.
 
Pourtant c’est bel et bien ce dernier qui s’est ému à la suite de la décision constitutionnelle ! Que sera la prochaine rentrée, vécue dans l’incertitude, se sont activement inquiété ses défenseurs ?
 
Selon Sacha Sydoryk, spécialiste toulousain de droit public, le risque en fait est faible, mais pas inexistant, nous dit-il dans un long entretien.
 
Car nous l’avons sollicité pour disposer, d’une part, d’un avis éclairé sur l’attitude des conseillers constitutionnels – sont-ils réellement mus par l’anti régionalisme, ou suivent-ils une logique juridique quoiqu’il advienne ? Et d’autre part nous souhaitions pouvoir proposer avec lui, un objectif à atteindre pour les défenseurs de la loi Molac. Tous s’entendent, et notre interlocuteur avec eux, sur le fait que l’article 2 de la Constitution sera toujours un obstacle infranchissable, en l’état actuel de sa rédaction, aux avancées du droit à enseigner les langues dites de France.
 
Il nous propose donc trois alternatives que nous vous laisserons découvrir dans ce numéro 337, qui couvre les mois d’été, et don’t nous espérons qu’il vous plaira, et aidera celles et ceux qui luttent activement pour que nos langues minoritaires jouissent enfin de droits en France.
 
Vous trouverez aussi dans ce numéro notre compte rendu des Rencontres de Salinelles. Après le hiatus forcé de 2020, l’organisation de Paul Martin et Estelle Ceccarini a fait, comme en 2019, champ plein… puisque pour l’essentiel la manifestation de débats littéraires s’est tenu dans les espaces champêtres de la petite bourgade gardoise. Nous y avons essentiellement retenu la conférence de Michel Feltin-Palas, journaliste à L’Express et créateur d’une lettre qui désormais est notoirement connue : pourquoi tant de violence des institutions françaises contre la diversité linguistique d’un pays si divers, lui a t’on demandé.
 
Nous ne résumerons pas l’ensemble du numéro 337, que vous trouverez peut-être aussi riche que d’habitude, ou à l'occasion duquel vous choisirez peut-être de vous abonner, mais nous attirons votre attention sur la chronique d’histoire de Felip Martel, qui évoque l’été 1944, et celle de botanique utile que nous propose Florence Faure-Brac, consacrée cet été, à la ronce du mûrier… Ne vous piquez pas trop, et bonne récolte !

 

 


Vendredi 2 Juillet 2021
Michel Neumuller




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