Aquò d'Aqui

Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Rescòntre : festival quasi tout en oc à Sant-Gervasy


SANT-GERVASY. Le président du festival, Miquèu Gravier, estime que le principal ressort de ce regain de l’occitan filmé, c’est le plaisir des réalisateurs amateurs. 80% des œuvres proposées cette année seront en langue régionale.



Miquèu Gravier l'organisateur du Festival de Sant-Gervasi (photo XDR)
Miquèu Gravier l'organisateur du Festival de Sant-Gervasi (photo XDR)
« Nous programmions quelques films où l’occitan s’entendait…Cette année, 80% d’entre eux sont exclusivement en oc, et l’un d’eux est en catalan ». Miquèu Gravier, le baile du Festival du film vidéo amateur Rescòntre, a Sant- Gervasy (30), affiche un sourire satisfait.
 
Le Festival, pour sa septième édition, les 4 et 5 février prochain dans la petite commune gardoise, proposera donc l’essentiel de ses programmations en films parlant òc. A cela, pas de carotte financière : « nous ne distribuons pas de prix, et les aides sont d’abord de l’ordre du service, puisque la commune met à notre disposition la salle du foyer communal où l’on projettera les œuvres ».
 
Pour Miquèu Gravier, c’est donc un double ressort qui conduit les auteurs amateurs à tourner en occitan : « ils veulent faire entendre la langue, montrer qu’elle se prête à la création, bref ils sont animés par une forme de militantisme ; et puis, ils ont envie de se faire plaisir en faisant plaisir au public ».  Ce dernier aspect n’est pas négligeable, la tristesse et le pessimisme ne sont guère prisés par les auteurs audiovisuels d’Oc.
 
Mais pour communiquer ce désir de langue régionale aux professionnels c’est une autre paire de manches ! « Là, la logique change. L’œuvre est produite, et le producteur veut renter dans ses frais. Rien ne lui dit que le succès sera au rendez-vous. L’aide, l’amorce, des télés publiques est donc indispensable », ne serait-ce que pour passer le cap de l’Avance sur recette qui, en France, permet de rassurer tous les autres financeurs d’un film.
 
Las ! Les chaines publiques sont aux abonnés absents. Financeraient-elles un téléfilm en occitan que leur charte les obligerait à sous titrer au mot à mot ; en diffusant l’œuvre à une heure de grande écoute ? Aucune chance en France ! Le système est vicié dès le départ, regrette le baile du Festival de Saint-Gervasy.
 
« Il nous manque en fait un mécène qui y croit ; un Paul Ricard ». Hélas aucun business angel ne se fait connaitre des cinéastes d’oc, à supposer qu’il s’en trouve un, parmi ceux-ci, qui ose passer le cap et inclue de l’occitan dans une œuvre.

Mardi 10 Janvier 2017
Michel Neumuller




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Dans ce numéro d'avril du mensuel Aquò d'Aquí

Dison que...

Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possiblité, enfin débarassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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