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Lo dire d’Elie Lebre (15)

Comment un paysan provençal du XXème siècle disait son temps, les saisons, le bon sens... dans sa langue de tous les jours. Quinzième semaine…

Ouvrage édité par l'Aeloc
L’agriculteur érudit et curieux Elie Lèbre (Cucuron –  Luberon : 1920-91) par bonheur rencontra l’occitaniste Madeleine Jaquier, et le fruit d’années de collectage nous a permis d’en savoir beaucoup sur la manière vivante et quotidienne de parler provençal.
 
Avec l’aimable autorisation d’Alain Barthelémy-Vigouroux qui a organisé la masse de notes et d’enregistrements issus de ce travail, nous vous en offrons un morceau chaque semaine, en vous recommandant d’acquérir le livre édité par l’Association Pour l’Enseignement de la Langue d’Oc .






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L’enseignement des langues régionales croît malgré le manque d’enseignants


Le nombre de locuteurs naturels baisse, celui des élèves apprenant une langue régionale augmente. Les uns ne comprennent plus forcément les autres. Mais la génération intermédiaire, celle qui a perdu la langue par manque de transmission « naturelle », en bénéficie sous forme de sentiment d'identité régionale. Pendant ce temps, leurs enfants préparent une scolarité plus riche en apprenant l’occitan.



De plus en plus d'élèves apprennent une langue régionale, mais l'Education Nationale ne pourvoit pas les postes nécessaires (photo MN)
De plus en plus d'élèves apprennent une langue régionale, mais l'Education Nationale ne pourvoit pas les postes nécessaires (photo MN)
L’ex ministre de l’Enseignement, Luc Chatel, avait commandé un rapport en 2011 sur les politiques en faveur des langues régionales.
 
Le linguiste Franch Broudic, faisait dans un autre rapport remis au recteur de Rennes, lui état d’un climat très favorable à ces langues, en particulier le breton, dans la population. En même temps il pointait la difficulté des enfants scolarisés en breton, à dialoguer avec leurs grands-parents.
 
La langue régionale enseignée ne serait pas celle que parlent les derniers locuteursnaturels. Journaliste au Figaro, Marie Estelle Pech revient sur cette question : sans cette compréhension, la langue régionale ne motiverait pas les élèves longtemps.
 
Si une enquête Insee, également publiée en 2011, pense pouvoir affirmer que 93% des Français de métropole sont unilingues, les statistiques de l’Education Nationale, elles, montrent qu’avec 272 000 élèves en 2011-12, l’enseignement des langues régionales progresse : + 24% par rapport à l’année scolaire précédente.

Quatre nouveaux profs entre Bordeaux et Nice, pas plus, pour répondre à la demande

Pour de nombreux parents, leur enfant qui apprend l'occitan est une passerelle vers l'identité régionale de toute la famille (photo MN)
Pour de nombreux parents, leur enfant qui apprend l'occitan est une passerelle vers l'identité régionale de toute la famille (photo MN)
L’occitan viendrait en seconde place après l’alsacien (73 000 élèves) avec 62 000 élèves. Bien sûr, ces statistiques ne tiennent aucun compte des écoles à pratique isolée, et le chiffre réel dépasse sans doute 100 000 élèves.
 
Pourtant, selon Le Figaro, le nombre d’enseignants candidats aux concours au professorat est trop faible pour répondre à cette demande. En réalité, depuis 2003, en ce qui concerne l’occitan, le nombre de postes ouverts chaque année ne dépasse pas quatre. Il s’agit ensuite de les nommer entre Bordeaux et Nice !
 
Si la réalité d’une langue du peuple différente de la langue enseignée peut se vérifier à l’occasion, l’enseignement des langues régionales ouvre un autre champ aux enfants qui en bénéficient.
 
« Nous venons d’ailleurs, et nous sommes enchantés d’entendre notre fils chanter en provençal en rentrant de l’école. Du coup on s’y intéresse ». Ce mot d’une mère d’élève devant l’école bilingue publique de Maillane, recueilli en 2010, devrait faire réfléchir. L’enfant scolarisé en langue régionale favorise l’enracinement de ses parents, qui bien souvent regrettent que leurs propres parents n’aient pas tenté la transmission de leur langue, alors dévalorisée.

Les parents comptent sur leurs enfants pour faire vivre l'identité régionale

Des écoles où le bilinguisme favorise une gymnastique de l'esprit et intéresse même des parents peu touchés par les langues régionales. Ici la Calandreta Gapiana (photo XDR)
Des écoles où le bilinguisme favorise une gymnastique de l'esprit et intéresse même des parents peu touchés par les langues régionales. Ici la Calandreta Gapiana (photo XDR)
Liant social, favorisant le sentiment d’identité régionale, un besoin pour beaucoup dans un monde mondialisé, l’enseignement des langues régionales, même déconnecté du « patois » qu’estimaient parler les anciens, joue le rôle de re-créateur en matière de culture régionale.
 
« Quau ten la lenga ten la clau » pouvait dire Mistral, alors que le langage fleuri de ses pairs, déjà, rejetait les « patoisants » dans l’univers parallèle du « ho ! mais le vrai provençal on ne le parle pas ici… ». Avec l’enseignement des langues régionales à l’école, certes syntaxiquement juste, c’est la clef qui a changé de forme. Mais elle ouvre toujours la serrure.
 
En effet, la motivation des parents qui demandent un enseignement de langue régionale fait appel au sentiment régional, certes, mais aussi à l’argument selon lequel la pratique précoce du bilinguisme serait une gymnastique bénéfique à l’esprit. Avec l’occitan, toute la scolarité deviendrait plus « efficace » par la suite.

Vendredi 2 Août 2013
Michel Neumuller




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