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Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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L'Etat protège toujours aussi peu mais impose toujours autant


L'autorité de l'Etat s'exerce depuis Paris et impose ses décisions à tous. Pour nous éviter le retour de la pandémie peut-être sont elles justifiées. Mais la méthode elle est injustifiable. Il est grand temps que nos élus prennent le pouvoir que le mépris jacobin leur dénie.



Voici donc le retour des restrictions majeures : sur le territoire de la métropole d'Aix-Marseille, les bars et restaurants ferment. En fait les lieux de rencontre, où l'épidémie peut circuler, mais aussi les idées et une certaine idée du bonheur.

Et peut-être fallait-il en passer par là. Mais qu'en décide une conversation téléphonique entre un ministre siégeant à l'ombre de la Tour Eiffel et son préfet, certainement pas habitué de la vie sociale méditerranéenne, cela interroge.
L'Etat protège toujours aussi peu mais impose toujours autant

Derrière les mâchoires crispées d'Olivier Véran, le sur place des moyens humains en régions reste la réalité

D'autant plus que voici moins d'un mois, les principaux élus du peuple, dans cette Provence maritime, s'étaient publiquement ému de l'absence totale de concertation quand le port du masque avait été rendu obligatoire.

Ce mercredi c'est le président du Conseil Régional qui a exprimé cette opposition, non pas à la décision, mais au mode de décision. Le ministre Olivier Véran avait déjà montré son mépris courroucé en s'esquivant pendant que le professeur Raoult exprimait la situation telle qu'elle apparaissait alors dans son Institut. Il avait ignoré la mairesse de Marseille comme la présidente du Conseil Départemental qui réclamaient la concertation. Mais au delà de la psychologie de ce médecin adepte des cadenas et de la trique, il faut bien comprendre qu'il ne fait jamais que ressembler à l'Etat qui l'a nommé.

Le centralisme est une donnée historique en France. Et historiquement Marseille n'a connu que la contrainte de la part de l'Etat. Les forts de défense de la ville, Louis XIV les a voulu propres à canonner la cité remuante ; son bataillon des marins pompiers n'a été créé que pour que la sécurité échappe aux édiles de la ville ; jusqu'à sa Métropole qui fut un mariage contraint !

La covid 19 est une calamité. On ne doit pas se cacher les yeux : ses effets sont toujours terribles, et le nombre grandissant de malades menace toujours d'encombrer les services de réanimation des hôpitaux.

Mais justement, le nombre de ces lits dans la région concernée, et surtout le nombre de personnels qualifiés pour y travailler a t'il augmenté grâce à l'autorité de l'Etat, depuis le mois de mars dernier ? Les chiffres pour la ville de Lyon, en tout cas, viennent de sortir : plus quinze lits au total !

Nous voyons tout aussi bien qu'en mars dernier quel est le rôle que veut bien se donner l'Etat : contraindre les citoyens, mais pas les protéger. Une analyse ultra rapide et bien peu évoluée dira que la contrainte, en la matière, est justement une manière de protéger.

Nous la laisserons aux adeptes de la cravache et du carcan.

Il est plus que temps que nos élus fassent bloc pour, d'une part montrer clairement à l'Etat leur volonté de participer avant tous à la décision, et d'autre part s'organisent effectivement pour créer ad hoc et hors toute permission de l'Etat, l'organisme qui permettra, sous leur contrôle, que s'organise la protection sanitaire de nos populations.

Et ce qui vaut pour la région marseillaise, ne le pensez-vous pas, vaut pour tout ce qui vit en société en France au delà des portes de Clignancourt et d'Italie ?

Jeudi 24 Septembre 2020
Michel Neumuller




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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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