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Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Garlic Face, duo à danser et femme à raconter


Audrey et Sophie ont formé ce mini groupe d’animation de balètis voici trois ans.



Audrey Peirano et Sophie Maquin, en oc et pour danser (photo MN)
Audrey Peirano et Sophie Maquin, en oc et pour danser (photo MN)
Garlic Face est né d’une de ces expressions provençales, un rien poivrées, qu’on se lance par dérision, « tèsta d’ai » (tête d’âne)Mais Audrey Peinado et Sophie Maquin pensaient « tèsta d’alhet » (tête d’ail). Et c’est en regardant une série télévisée américaine, que la traduction anglaise de l’expression incluant allium sativum, s’est finalement imposée : Garlic Face« Ouais ! C’est qu’on avait des ambitions internationales » plaisante Audrey.
 
La jeune femme chante aussi dans le groupe féminin Arlésien La Roquette. Sophie, elle, quand elle n’écoute pas de rock sauvage, se met au violon et, avec sa complice, et anime les balètis ici et là, avec ce répertoire qui fait appel aux chants occitans, et parfois aux percussions d’Audrey.
 
Vendredi dernier, encore, elles ont fait danser jusqu’à pas d’heure au 3C, un cercle associatif aixois, où l’ambiance – notre vidéo en témoigne – n’avait rien de triste.

L'histoire de Margot

Toutes deux se sont rencontrées au ZinZan Festival, l’ultime estival, qui mêle cuisine et musiques traditionnelles déjantées, à Orgon et aux Baux-de-Provence.
 
« J’avais très envie de travailler avec une chanteuse, et depuis un moment. On en a parlé, et voilà… » souhaitait  Sophie. « Je voulais chanter avec un instrument, et plus seulement en polyphonies, sans contraintes. Quand Sophie m’a proposé une collaboration, j’ai dit « allez ! Go ».
 
Elles-mêmes dansaient en balètis. Et elles ont logiquement trouvé intéressant de faire danser les autres. « J’adore cette ambiance, il s’y passe beaucoup de choses, et ces chants à danser disent aussi des choses extraordinaires » s’émeut Audrey.
 
D’ailleurs, quand elles n’animent pas de bals folks, toutes deux racontent, sur scène et en musiques, l’histoire de Margot : « Cette femme qui, sous divers noms, est dans nombre de chansons occitanes, et à qui il arrive tant de choses, des amours, des galères… On vous dit tout sur elle !»

Musiques à danser d'après collectages

Une quintescence de la femme, donc, mais d’Oc. Ni l’une ni l’autre ne sont toutefois originaires du Midi. Audrey la Stéphanoise, Sophie la Champenoise, se sont tout simplement passionnées pour la langue à la sonorité faite pour le chant.
 
« Dans les milieux que je fréquente, les gens me parlent à 80% en oc, et je finis par comprendre » souligne Sophie.
 
Côté répertoire, les textes sont tous des trads, le plus souvent collectés : par Canteloube, Lambert ou Damase Arbaud. Audrey en garde la facture mélodique originelle, et Sophie installe, sur cette base, son violon. La rythmique peut être modifiée afin que certaines musiques soient plus aptes  à danser.
 
Voici maintenant trois ans que le duo tourne. « Nous n’avons qu’une envie, multiplier ce type de soirée » souhaite Audrey. « On se trouve si bien sur scène ! ». Mais prospecter, contacter, suivre, c’est du temps qu’il leur est difficile de trouver.
 
Alors, salles et cafés, à bon entendeur…
Au 3C d'Aix (photo MN)
Au 3C d'Aix (photo MN)

Mardi 21 Février 2017
Michel Neumuller




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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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