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Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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France info et l'altérité


Si vous voulez comprendre ce qui se joue en Catalogne, croyez-moi, évitez les médias publics français.



France info et l'altérité
ça ne s'arrange pas. La couverture du référendum catalan pour l'indépendance prévu pour le 1er octobre prochain est toujours aussi mal assurée par la plupart des chaînes de TV et stations de radio publiques françaises.



 

La présidente du Parlement catalan, une "animatrice" de meeting !...

La flemme professionnelle, le manque de curiosité le disputent ici à la sale habitude française de considérer le reste du monde à travers le prisme de notre sens rachitique de l'altérité. Ce qui ne nous ressemble pas nous est à jamais étranger, et seul l'exotisme nous est proposé pour essayer de le comprendre.

Je ne parle que des élites. Les gens normaux, eux, voyagent, échangent avec des étrangers, et lisent des livres.

Bon, d'accord, je caricature à souhaits. 

Parce que je suis très énervé.

Enervé par mon confrère pariso-madrilène de France-Info. Je ne le nomme pas, vous m'excuserez.

Ce matin je l'écoute sur France-Info. Il est parti de Madrid (vous savez, le Paris de l'Espagne...), pour Tarragone, où se déroulait le 14 au soir, le premier meeting, celui du lancement de la campagne pour le référendum en vue de l'indépendance de la Catalogne. 

Parachuté dans l'arène, l'envoyé spécial a pu dire, tel que je l'ai entendu : qu'en l'absence d'un meeting anti-indépendantiste, ce référendum déclaré illégal par l'Etat, n'est encore que le référendum des indépendantistes.

Passons sur le fait qu'il ait confondu avec une "animatrice" Marta Rovira, la porte-parole de l'Esquerra Republicana de Catalunya, et Carme Forcadell, la présidente du Parlement catalan...

Mais notons que le manque absolu de curiosité des médias publics français audiovisuels reste monumental, alors même qu'un million de Catalans ont défilé à Barcelona le 11 septembre pour la Diada. Ils ont fait de cette journée commémorative de la perte de leur indépendance, en 1714, une journée historique vers leur indépendance.

Notons que les mêmes médias ignorent que le Parlement Catalan, expression du suffrage universel, a voté l'organisation de ce référendum il y a déjà une semaine, et qu'il avait auparavant débattu d'une loi électorale pour l'organiser.

Enfin, étonnons nous que ce correspondant permanent d'une radio publique française en Espagne ignore qu'il ne saurait y avoir de réunion anti-indépendantiste en Catalogne. Et pour deux raisons : d'une part cette position s'exprimera par l'abstention au vote du 1er octobre, d'autre part parce que cette opposition s'exprime assez au Tribunal Constitutionnel Espagnol et au sommet de l'Etat. Elle se passe de manifestation publique populaire, dont on ne sait qui l'organiserait.

J'arrête là. Après tout ce journaliste de radio n'est que l'expression plus générale d'une disposition française trop connue. Nos médias publics ne savent ni ne veulent se mettre dans la peau de l'autre, pour pouvoir nous parler en connaissance d'une situation telle qu'elle est vécue ailleurs. 

Il leur échappe que les Etats n'ont pas toujours raison face aux peuples. 

Et le monde leur semble trop complexe pour être expliqué à leur public.

Public qui heureusement a appris à s'informer autrement.



 
La "Diada" de Barcelona, le 11 septembre dernier (photo TV3 DR)
La "Diada" de Barcelona, le 11 septembre dernier (photo TV3 DR)

Vendredi 15 Septembre 2017
Michel Neumuller





1.Posté par Martin le 16/09/2017 07:57
Mercé per aquelas observacions de bon sens . Me sentissi pas solet : sèm (almens) dos a aver lo meteis vejaire... :-)

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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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