Aquò d'Aqui


Lo dire d’Elie Lebre (15)

Comment un paysan provençal du XXème siècle disait son temps, les saisons, le bon sens... dans sa langue de tous les jours. Quinzième semaine…

Ouvrage édité par l'Aeloc
L’agriculteur érudit et curieux Elie Lèbre (Cucuron –  Luberon : 1920-91) par bonheur rencontra l’occitaniste Madeleine Jaquier, et le fruit d’années de collectage nous a permis d’en savoir beaucoup sur la manière vivante et quotidienne de parler provençal.
 
Avec l’aimable autorisation d’Alain Barthelémy-Vigouroux qui a organisé la masse de notes et d’enregistrements issus de ce travail, nous vous en offrons un morceau chaque semaine, en vous recommandant d’acquérir le livre édité par l’Association Pour l’Enseignement de la Langue d’Oc .






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Evident « racisme anti-accents » du ciné à la télé


Juan Milhau-Blay propose un court documentaire, efficace à montrer que l’accent occitan est réservé aux personnages négatif, pendant que les personnages positifs eux, pêchent le leur au Nord de la Loire, au mépris de la vérité historique au besoin.



Juan Milhau-Blay se met à table et crache le morceau : "notre cinéma et notre télé se servent de notre accent pour dévaloriser le méridional" (Photo XDR)
Juan Milhau-Blay se met à table et crache le morceau : "notre cinéma et notre télé se servent de notre accent pour dévaloriser le méridional" (Photo XDR)
Rien de plus humain que ça ; quand le seuil de la douleur est dépassé, vous hurlez ! Faut que ça sorte.
 
Pour Juan Milhau-Blay, 47 ans, dont une bonne partie à souffrir devant petit et grand écran, le seuil de la douleur fût médiatique. Au ciné ou devant sa télé « j’en pouvais plus de voir des gens censés me représenter, qui parlaient parisien quand ils étaient positifs, et avec mon accent quand ils étaient tordus, lâches ou vicieux ».
 
Tous ceux qui ont adoré le Jean de Florette, tourné par Claude Berri, ont bien connu toutefois ce malaise en regardant cette adaptation du roman de Pagnol. Le bossu, si sain, parle par la bouche de Depardieu. Mais Ugolin et le Papet, les envieux torses et vicieux, parlent comme nous. Et c’est loin d’être le seul exemple de « film raciste » dans l’univers cinétélévisuel.
 
« Alors, quand ça m’a coufflé, je me suis dit qu’il fallait exprimer mon ras-le-bol avec les mêmes moyens ». Le correcteur d'une maison d'édition se met donc, soir après soir, au montage de ce petit bijou documentaire.
 
Il y assemble des scènes de films et téléfilms, parfois très connus. On y entend Jaurès parler avec l’accent de la Comédie Française…et s’exprimer éventuellement en italien dialectal ! Georges  Brassens, lui le Sétois, pêche sa manière de parler entre Tours et Reims !
 
Moment de fou-rire contenu, quand Juan Milhau-Blay colle une voix méridionale sur un film de publicité touristique…pour Paris, en contraste avec celui-bien nordique qui « vend » le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées…Un procédé très efficace.
 
« Un logiciel libre et un peu de temps pour me former, c’est tout ce dont j’ai eu besoin » souligne l’auteur, qui a eu son moment de succès au récent festival du film vidéo occitan de Sant-Gervasi (30).
 
Depuis, sur le site web du créateur, le petit film de 5 mn fait le buzz.
 
Juan Milhau-Blay espère mieux le partager encore, et « mettre en lumière qu’en France nous sommes peut-être le seul pays au monde …Allez mettons que la Corée du Nord le fait aussi, ou la Turquie…qui traite ainsi sa diversité régionale. C’est un scandale que sur France 3, dédiée aux régions on n’entende le catalan ou l’occitan qu’un quart d’heure par semaine, et que le reste du temps les télés fassent la chasse aux accents. »  

Mardi 7 Février 2017
Michel Neumuller





1.Posté par Lo raiòu le 20/02/2017 22:23
Quanta idèia chanuda ! D'autres encara de documentaris, de filmes cortets coma aquò per esclairar tot ce qu'es escondut, oblidat o volontariament escobilhat de la consciença e de la paraula collectiva. Gramecí !

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