On est toujours le sud de quelque part

Région Sud, c'est le nouveau nom de la Provence. Mieux que l'horrible Paca, mais signe du mal à l'aise des élites politiques avec notre identité, toujours mise de côté.

Nous nous sommes assez élevés ici contre cet horrible acronyme sensé résumer notre condition de Provençal, Alpin et Cotedazuréen (!)…Paca ! Que les « Pacaliens » fassent un pas en avant…Personne, bon.
 
Nous ne pleurerions pas la défunte Paca, mais de toute façon elle a encore de beaux jours devant elle, hélas.






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Dictadas symboliques d’une volonté de transmettre


De 3000 à 4000 participants ont renouvelé, entre Nice et Bordeaux, cette jeune tradition. Nous étions à Nice pour en rendre compte.



De dix à deux cents cinquante participants selon les lieux, de Nice à Nîmes, pour ce qui est de l’espace du niçois, du gavot et du provençal, la Dictada2017 aura été un grand cru !
 
A Nice, où Aquò d’Aquí s’est appuyé sur l’IEO 06 pour réaliser son reportage, le Lycée Masséna accueillait près de 200 participants, et dépassait ce nombre, si l’on comptait organisateurs et accompagnants.
 
« Plusieurs associations se sont épaulées pour ça, et nous voyons bien que c’est un gage de succès » sourit Joan-Pèire Spies, le président de l’IEO des Alpes-Maritimes.
 
L’Institut d’Estudis Occitans, donc, avec l’Association des Professeurs de Langues Régionales (APLR), la Fédération des Associations du Comté de Nice, Nice La Belle, Nissart per tougiou et Parlen ! Oc-bi Countea, c’est-à-dire une association de parents d’élèves de l’enseignement bilingue, s’étaient unis pour rassembler 170 participants à la Dictée elle-même.

A Nice le mot clé sera "tradition" associé à "jeunesse"

« Le fait saillant de la journée c’est la participation des jeunes » soutenait Olivier Pasquetti, le président de l’APLR, « il y a ici plus de 40 moins de 18 ans ». Même discours de la part de l’élu niçois en charge de la politique de la « Langue niçoise », Joan-Luc Gagliolo : « satisfaire à la tradition c’est bien, mais transmettre c’est l’enjeu principal, et la présence des jeunes en est la condition » soutenait le conseiller métropolitain, qui est aussi professeur d’occitan-langue d’oc, selon la dénomination officielle de l’Education Nationale.
 
C’est, à Nice, le mot de « traditions » que l’on entend dans la plupart des bouches, lors de cette Dictada. Celle d’Hugo, qui apprend la langue au lycée Masséna ; celle de Simone, qui à l’âge d’être grand-mère, et à qui le texte dicté de Joan-Luc Sauvaigo rappelle des traditions littorales et marines qu’elle connaît bien ; celle aussi de participants entre deux âges qui disent, un peu plus tard à l’apéritif, être venus pour perpétuer la tradition, dont la langue est le vecteur.
Jour faste au Lycée Masséna de Nice. Ici avec le pdt de l'IEO 06, homme du jour, Joan-Pèire Spies, pdt de l'IEO 06 (photo MN)
Jour faste au Lycée Masséna de Nice. Ici avec le pdt de l'IEO 06, homme du jour, Joan-Pèire Spies, pdt de l'IEO 06 (photo MN)

Un livre ou un disque pour chacun afin de poursuivre le rapport intime avec une langue d'échange et de création

Mais la Dictada sera ici également l’occasion de soutenir la création littéraire contemporaine. Les participants repartiront pour la plupart avec, sous le bras, une œuvre de Joan-Luc Sauvaigo : ses Faulas de Niça, ou les nombreux textes de ses chansons…ou encore le CD « Issa Nissa ! » du regretté Mauris. Joan-Pèire Spies en est persuadé, ce genre d’évènement festif, en rassemblant, donne ses chances à toutes les autres actions, plus fondamentales pour l’avenir de la langue occitane, que beaucoup à Nice, ne voient que comme « niçoise ».
 
A l’autre bout de la Région, à Orange, quatre-vingt personnes, également de tous âges, ont retrouvé des pupitres scolaires, au Lycée de l’Arc, où les accueillent les maximes de Mistral ou de Bodon, en bleu sur murs blancs : « cu ten la lengo ten la clau ! ».
 
On y observera d’abord une minute de silence, à la mémoire de Jan-Mar Courbet, le majoral du Félibrige récemment disparu. Il a développé, à  Bollène, une action durable dans le domaine documentaire.
Matthieu Poitavin connaît particulièrement bien le texte qu'il dicte aux participants de la Dictada d'Orange (photo XDR)
Matthieu Poitavin connaît particulièrement bien le texte qu'il dicte aux participants de la Dictada d'Orange (photo XDR)

Orange se souvient de Jan-Marc Courbet et valorise la littérature d'oc contemporaine

Là c’est un auteur local, qui vise à l’universel, et que les organisateurs choisissent de valoriser dans la Dictada. Et comme Matthieu Poitavin est aussi l’enseignant trentenaire du lycée de l’Arc, tant qu’à faire, autant lui demander de dicter son propre texte, publié chez les éditions Baie, « Sus lei piadas de l’Absènta ».
 
Si les écoliers de la Calandreta d’Orange doivent écrire les premiers quarante mots du texte en provençal rhodanien, les adultes, eux, devront tripler ce nombre. Yvonic Amprino réalisera un sans-faute, mais tous repartiront avec un prix et, en mémoire, le spectacle théâtral du groupe Li Leventi, venus de Lagarde-Paréol pour jouer les œuvres de Jean-Henri Fabre…Et oui ! Entre deux observations de mante religieuse, le fameux entomologiste félibréjait !
 
Si le matin même, les organisateurs orangeois de l’association Ben Leu conviaient aussi, à la Calandreta, les lycéens pour un bac blanc de provençal, dans nombre d’autres établissements scolaires, cette Dictada a été organisée. Dans les Bouches-du-Rhône ainsi, environ 200 élèves de primaire y ont été conviés durant la semaine. 
A Septèmes (13) si les adultes planchent sur un texte social de Glaudi Barsotti, les écoliers eux ont déjà concouru et viennent recevoir diplômes et présents (photo MF Lamotte DR)
A Septèmes (13) si les adultes planchent sur un texte social de Glaudi Barsotti, les écoliers eux ont déjà concouru et viennent recevoir diplômes et présents (photo MF Lamotte DR)

Au collège comme un acte de résistance face aux réformes occitanicides

Au collège comme un acte de résistance douce face aux réformes occitaniides (photo XDR)
Au collège comme un acte de résistance douce face aux réformes occitaniides (photo XDR)
La Dictada reste, dans les collèges, parfois, une façon de montrer la volonté de maintenir un enseignement malmené par l’Etat.

La Dictada reste, dans les collèges, parfois, une façon de montrer la volonté de maintenir un enseignement malmené par l’Etat. A L'Escarène dans la vallée des Paillons, aussi,  avec seulement deux heures par mois proposées au collège pour les troisièmes, où les participants se sont vus proposer un texte d'un auteur de la ville, Feliç Bianchi, dicté par leur professeur Laurenç Revest. En relation, une autre Dictaia était aussi organisée au collège Vento, à Menton cette fois-ci sur un texte écrit et dicté par ce même professeur qui est à cheval sur quatre établissements. 


 
A Gap, au centre Beauregard où se réunissent les participants avec les calandrons et leurs parents, la Dictada a été suivie, durant les corrections, de chants et danses, mais aussi de moments réservés aux historiettes drôles, les « fatorgues ».
 
A Septèmes, où bientôt sera inauguré une médiathèque Jòrgi Reboul († 1993), du nom du très dynamique soutient de la vie culturelle régionaliste, et organisateur de l’accueil des Catalans exilés de 1939, C’est un texte de Glaudi Barsotti, qui a été dicté par lui-même.

L’auteur s’apprête à publier un ouvrage sur la Commune de Marseille, en 1871, dont les participants ont ainsi pu profiter en avant-première.

A Barcelona comme à Marseille, Nice ou Orange

Parfois des élus ont voulu se rendre compte eux-mêmes de l'engouement pour la langue régionale. Tel Jean-Luc Gagliolo, délégué de Nice pour la Langue Niçoise...et la lutte contre l'illetrisme ! (photo MN)
Parfois des élus ont voulu se rendre compte eux-mêmes de l'engouement pour la langue régionale. Tel Jean-Luc Gagliolo, délégué de Nice pour la Langue Niçoise...et la lutte contre l'illetrisme ! (photo MN)
A Nîmes également la Dictada était proposée avant que les participants n’assistent à une pièce de théâtre en lenga nòstra.
 
Et à quatre heures d’AVE de Marseille, ce sont les Catalans de Barcelona qui, à l’invitation du Cercle d’Agermament Occitano-Català, proposaient une Dictada à grands et petits, comme chaque année.

Celle-ci s’est déroulée dans un très officiel bâtiment de la Généralité de Catalogne, et en présence d’officiels, tels Ester Franquesa, la directrice générale de la Politique Linguistique de la Generalitat.
 
Ici il faudra distinguer les premiers prix adultes : Núria Pacheco, Joan Calsapeu et Mariona Miret, comme les enfants : Pau Bofill, Joana Calsapeu, et Maria Garcia, ainsi que le premier prix des Professionnels, Jordi Ortiz…

Et remercier la secrétaire administrative du Caoc, Laía, toujours à l’écoute des demandes de notre journal.

De Carnoules à Barcelona, stylo en mains, occitan en bouche

Plus près de la plupart de nos lecteurs, à Carnoules, dans le Var, la Dictada rassemblait tous les régionalistes et mainteneurs, occitanistes ou félibres, de tout le département. Le texte proposé y parlait de la sauvegarde des abeilles dans un monde moderne qui les malmène…L’auteur du texte ne vous en dira pas plus, sous peine d’avoir les chevilles qui gonflent. En effet il n’est pas bon que les journalistes s’auto-interviewent ; ils pourraient y prendre goût.
 
Sachons simplement que ces quelques lignes étaient tirées d’un numéro du journal Aquò d’Aquí, qui remercie les organisateurs de cet  -évidemment- excellent choix !
La Dictada a été organisée dans une quarantaine de villes françaises ...et à Barcelona, où le Caoc n'a pas oublié les petits (photo XDR)
La Dictada a été organisée dans une quarantaine de villes françaises ...et à Barcelona, où le Caoc n'a pas oublié les petits (photo XDR)

Lundi 30 Janvier 2017
Michel Neumuller




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