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Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Avec Tournicoton la vielle ne vieillit pas


Le duo anime les balètis dans toute la Provence, avec l’envie de partager le bonheur d’une culture qui, si elle se danse, se parle également…en occitan.



Dans la vaste salle de bal des Terres Blanches, une soixantaine de danseurs élargissent et restreignent tour à tour deux cercles concentriques. Un rigodon géant sur l’air du « Diga Janeta », que mènent à la manivelle Juliette et Jean-Pierre. Car c’est avec deux vielles que les deux musiciens font danser tout ce beau monde. Il y aura ensuite escotichs, polkas et tout ce qui peut être dansé sur de la musique dite occitane.
 
Parce que les deux complices entendent bien faire connaitre un patrimoine vivant. Tellement vivant qu’il doit pouvoir évoluer. « Si nous ne modifiions pas un peu les accents, le rythme, ou même les paroles pour en exprimer l’humour, d’une part ce serait moins amusant, d’autre part et surtout, nous reproduirions à l’infini une tradition qui se sclérose. Il faut adapter, évoluer, et faire plaisir à ceux qui viennent nous entendre ».
 
La philosophie de la musique trad’ de Joan-Pèire Bonnet n’est pas soluble dans la naphtaline, c’est évident. Et pour le musicien, il s’agit non seulement de faire danser des gens qui viennent pour passer un bon moment, mais aussi de relier ce plaisir de danser avec une pratique culturelle. « Oui ! je parle occitan entre mes chansons, j’envoie un signal au public, sans l’assommer : notre culture est véhiculée par une langue, qu’il faut utiliser pour que cette culture continue de vivre ».

Au ZinZan Festival ou ailleurs en Provence

Juliette et Jean-Pierre ont "à coeur de promouvoir la culture occitane" (photo MN)
Juliette et Jean-Pierre ont "à coeur de promouvoir la culture occitane" (photo MN)
Tournicoton Electrad’Oc anime ainsi régulièrement les balètis de Provence. En décembre nous les avions rencontrés pour la soirée dansante qui clôturait le stage de danse du Ceucle Occitan de La Seyne. Un peu plus tard les voici à Saint-Maximin, puis à Bouc-Bel-Air, où le Roc de Boc organisait sa traditionnelle soirée annuelle.
 
Juliette et Joan-Pierre courent aussi régulièrement les concerts des autres, il n’est pas rare de les rencontrer à l’Ostau dau País Marselhès. Et foin de tout esprit grégaire, ils ne plantent pas le décor musical qu’autour de la Sainte-Baume, qu’ils affectionnent. Il y a deux ans le public du 3C d’Aix se souvient de l’ambiance qu’ils ont mise. Celui du Zin-Zan festival des Baux tout pareil.
 
La vielle, au besoin électrisée, même si elle reste le véhicule majeur de l’originalité de Tournicoton, n’est pas le seul. Joan-Pèire joue aussi de la mandoline, guitare ou flûtes, pendant que Juliette Risi s’empare du psaltérion à archet ou fait clantir les percussions.
 
« Nous nous sommes rencontrés il y a un bout de temps dans un stage de sonneurs de vielles et de cornemuses. » Le bois lui plaît, les sonorités la conquièrent, et après avoir joué dans l’orchestre de musique trad de Bollène qu’anime Patrice Conte, elle « cherche à partager cette culture occitane qui s’exprime par la musique ». Et même si elle ne parle pas encore la langue, elle « souhaite donner envie aux autres d’y venir ».

Mercredi 10 Mai 2017
Michel Neumuller




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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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