Aquò d'Aqui

Quelques proverbes de Novembre

Relatifs au mois de novembre, ils nous parlent d'un temps d'avant le réchauffement climatique, d'évidence...

Òme de novembre es de bòna fusta
femna de novembre laissa que tabusta


(homme né en novembre sera de bon bois
femme née en novembre sera suractive)

in De qué farà aquel temps ?
(Petit précis de météorologie populaire occitane)
Pierre Mazodier - Marpoc

Per San Martin,
Boucho toun vin
Mette toun chàu dedin.


(Pour Saint Martin
bouche ton vin
et enferme ton chou)

in  Proverbes et dictons des Hautes-Alpes et de l'Ubaye 
éditions du Roc












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Alidé Sans et Paulin Courtial entre scènes et projets


GAP. La tornade et le fleuve : Alidé Sans et Paulin Courtial forment un bel écosystème musical. Le public gapençais s'y est plongé sans retenue le 31 août. Le duo, en aparté, parle d'avenir immédiat. Ah! vous chantiez ? Et bien gravez maintenant!



Passés cinquante mètres de l’étroite rue de l’Imprimerie, elle entre dans la petite librairie, et occupe immédiatement l’espace, physique comme sonore. Les bras moulinent pour accompagner la voix puissante et légèrement grave, et son mètre quatre-vingt aidant, Alidé Sans affirme sa présence sans l’avoir voulu. Là où elle est, devient le territoire expressif de l’artiste, qui l’occupe comme elle respire, sans doute sans y penser.
 
En léger retrait, le guitariste Paulin Courtial parle peu, observe tout et tout le monde, occupe le même espace à sa façon, avec discrétion, il en saisit surement toutes les dimensions, sans y penser non plus.
 
Passé les séances de signatures et le moment avec la presse, à l’Espace Occitan dels Aups, qui l’invite, le duo se retrouve, trois-cents mètres plus haut et quatre heures plus tard, dans la cave voutée du Cabaret Pop de Gap.
 
 

Alidé abolit l'espace entre l'artiste et son public

Par devant une belle maîtrise musicale, un flot d'onomatopées destinées à faire participer le public et à l'intéresser à l'occitan qui suit (photo MN)
Par devant une belle maîtrise musicale, un flot d'onomatopées destinées à faire participer le public et à l'intéresser à l'occitan qui suit (photo MN)
Le public s’assied où il peut, par terre s’il le faut. La tornade Alidé s’en régale ! Les gens sont tout près, elle va pouvoir haranguer, et pousser mille cris qui soulèvent l’envie d’accompagner son chant. Le fleuve Paulin, pendant ce temps, crée son delta sonore. Pas un mot, presque pas un geste, il envahit juste la salle avec les mille bras, affluents et confluents de notes assemblées, d’accords déferlants, que sa guitare développe sous le vent soufflé par l’Aranaise.
         
Ce duo est fait pour jouer ensemble, et durablement. Ne demandez pas pourquoi, personne ne saura répondre, alors que tous le sentent. C’est ainsi, il y a des exemples : Montanaro père et fils, Tatou et Blu, Samba Diabaté et Vincent Zanetti…Une rencontre, l’entente, le respect, l’attention et l’intuition.
 
Alidé Sans compose, depuis qu’elle a quinze ans, ce qui ne fait jamais que depuis neuf ans. Ses textes appellent à la liberté, mais déplorent la séparation. Avec elle, cependant, le spectateur n’a pas le temps de se mettre en mode dépressif…Dans Soleta e complèta elle multiplie les onomatopées, dans une belle gamme de cris de douleur passionnelle, qu’elle détourne en rire franc. Vous venez de rompre ? Allez l’entendre et laissez tomber les kleenex.
 
Si la scène le permet, c’est-à-dire si les micros sont au même niveau que le public, elle abolit la scène. Aller, pieds nus, chanter à cinquante centimètres des gens, se déhanchant sous l’accordéon, ne lui fera jamais peur. Le public le lui rend bien, réceptif en diable aux histoires qu’elle développe avant de les chanter. Beaucoup, avec elle, en France, chantent leur premier bout de texte en occitan.

Faire en Aran même

Pas fatigués le moins du monde, Alidé et Paulin viennent écluser une bière près du comptoir. Ils ont eu leur comptant d’applaudissements ce soir, n’ont pas mégoté les rappels. Maintenant ils parlent, en occitan. Lui l’Aveyronnais, elle l’Aranaise, moi le Provençal, nous discutons à bâtons rompus de l’avenir, le leur. L’intercompréhension est de haut niveau. Ils vont passer une semaine reclus dans la montagne, avec du matériel d’enregistrement. « On va reprendre des textes, en créer, laisser filer le temps, nos envies, et puis beaucoup de choses vont décanter à l’issue » disent-ils.
 
Un CD est en préparation. La grande affaire, c’est de le produire sous label aranais, le leur. Première phase de la grosse envie du duo de partager. « Etape suivante, créer un festival en Aran. Il sera le pont de la musique occitane, de la France vers la Catalogne. » Les jeunes Aranais, occitanophones, vont prendre conscience de l’extraordinaire richesse de la musique occitane en France, l’émulation va jouer à fond ; et les Catalans, si généreux qui accordent le statut de langue officielle à l’idiome parlé par 4000 personnes sur six millions, recevront du bon son !
 
Mais attention ! les mains d’Alidé créent des courants d’air pour bien traduire l’évanescence du projet naissant. « Ce n’est encore qu’une idée ! »
A la librairie de l'Espace Occitan dels Aups, qui les invitait : Paulin Courtial, Jorgi Camani (pdt IEO 04), Alidé Sans et Lisa Pradeilhe, la libriaire (photo MN)
A la librairie de l'Espace Occitan dels Aups, qui les invitait : Paulin Courtial, Jorgi Camani (pdt IEO 04), Alidé Sans et Lisa Pradeilhe, la libriaire (photo MN)

Dimanche 3 Septembre 2017
Michel Neumuller




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Dison que...

L'Etat protège toujours aussi peu mais impose toujours autant

L'autorité de l'Etat s'exerce depuis Paris et impose ses décisions à tous. Pour nous éviter le retour de la pandémie peut-être sont elles justifiées. Mais la méthode elle est injustifiable. Il est grand temps que nos élus prennent le pouvoir que le mépris jacobin leur dénie.

Voici donc le retour des restrictions majeures : sur le territoire de la métropole d'Aix-Marseille, les bars et restaurants ferment. En fait les lieux de rencontre, où l'épidémie peut circuler, mais aussi les idées et une certaine idée du bonheur.

Et peut-être fallait-il en passer par là. Mais qu'en décide une conversation téléphonique entre un ministre siégeant à l'ombre de la Tour Eiffel et son préfet, certainement pas habitué de la vie sociale méditerranéenne, cela interroge.


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