Aquò d'Aqui

Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Poitavin : du sel qu’on répand sur les plaies


L’Esprit de sel, c’est l’ancien nom de l’acide chlorhydrique. Et dans la littérature de Matthieu Poitavin, on le répand sur les plaies de l’âme, les personnalités apeurées, les vies dévastées. L’auteur serine le trouble des êtres humains dans ce recueil, et projette déjà un nouveau livre, bien différent.



Avec Esperit de sau, Matthieu Poitavin explore la dualité des êtres (photo Stéphane Barbier DR)
Avec Esperit de sau, Matthieu Poitavin explore la dualité des êtres (photo Stéphane Barbier DR)
Avec Esperit de sau, son dernier recueil de nouvelles, Matthieu Poitavin introduit à nouveau le fantastique dans la réalité. Son Matagòt modèrn, voici quatre ans, était tout de même destiné à un public adolescent, celui des cours de ce professeur d’occitan-langue d’oc, entre autres.
 
Mais avec Esperit de sau, « c’est un fantastique bien plus profond et inquiétant » que les trois nouvelles de ce recueil proposent, note Daniela Julian, qui préface l’ouvrage publié chez L’Aucèu Libre. Le fantastique convoqué c’est celui « que chaque être humain porte en lui. C’est la dualité des êtres dévoilée peu à peu, qui fait de ces récits des histoires inquiétantes ».
 
Le chapeau de feutre de Paul, qu’on vient d’enterrer, devrait être dans son cercueil. Alors que fait-il sur la table de sa veuve ? Pourquoi le mort s’impose t’il ainsi ? Et l’enfant d’Una Mariòta, à quel jeu l’invite le Pinocchio de sucre que lui offre son père ? Enfin, Le saunier a-t-il  vraiment trouvé le bonheur ? Que signifie alors l’attirance-répulsion qu’il ressent pour l’autre, l’étranger ? 

Fantastique ?

Poitavin : du sel qu’on répand sur les plaies
« Fantastique ? Il s’agit plutôt de mon propre rapport à la réalité », préfère dire le jeune auteur. « Le réalisme en littérature me réclame un effort …fantastique ».
 
Lui préfère parler de la violence, de la mort et du racisme « auquel j’assiste chaque jour », et qui sont ses thèmes choisis.
 
Le réalisme c’est d’ailleurs ce vers quoi le portent ses choix de lecteur.

Mais un réalisme passé par la plume de ses aînées en littérature : Marguerite Duras et Françoise Sagan.
 
A noter que les projets de Matthieu Poitavin ne s'arrêtent pas avec cet ouvrage.

Le 11 mars dernier, au Cirdoc de Béziers, il a verni une exposition avec les photographes Stéphane Barbier et Georges Souche, sur « Lei piadas de l’absenta ».
 
Il est question que leur projet commun débouche sur, comme on dit, « un beau livre ».

Matthieu Poitavin, Esperit de sau – nòvas, ed. L’Aucèu Libre (éd. Bilingue : français occitan), préf. Daniela Julian. 168 p. ill. 14€. Commande Association L’Aucèu Libre – 800 ch. De la Gare – 30250 Salinelles (tel. 06 23 53 25 32).

Vendredi 18 Mars 2016
Michel Neumuller




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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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