Aquò d'Aqui

Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















            partager partager

Massilia universel

Sound System contre cònòs en trente fois 365 jours


A l’occasion de leur trente ans d’existence, une certaine lumière a été portée sur le groupe emblématique marseillais Massilia Sound System.



Massilia universel
Ils se sont bien racontés, eux, de K7 en CD, les galères, les espoirs, et la ville dans laquelle ils baignent. Mais on ne les avait pas encore racontés.
 
C’est chose faite avec le « Massilia Sound System – la façon de Marseille  », du journaliste (et musicien) montpelliérain Camille Martel (ed. Le mot et le reste).

Une fraternité déclinée en occitan contre la xénophobie

Camille Martel (photo MN)
Camille Martel (photo MN)
Succession de biographies des membres du groupe et d’analyses de leurs albums, dans laquelle s’insère les étapes marquantes de la trajectoire du Massilia, il s’en dégage une impression forte.
 
C’est l’amitié qui a soudé ces musiciens. Et ce sentiment d’amitié a transpiré vers leur public, qui le leur a renvoyé. La fameuse Chourmo, récupère le discours engagé du Massilia Sound System dans une sorte de développement politique.
 
Enfin ! Si on veut bien considérer que la politique, c’est se préoccuper du vivre ensemble dans la cité. Et dans ce vivre ensemble il y a la fête, et la langue occitane. Et l’association des deux pour dire une société réelle, et une société rêvée. C’est notre Andalousie qu’ils ont chanté. A la fois paradis perdu et avenir espéré. Une utopie, indispensable.
 
L’amitié désirée, qui soutient dans les épreuves de l’existence, et donne un sens plus profond aux bons moments, c’est sans doute la valeur la plus durable de ces trente ans de phénomène de société.
 
Elle n’a pas toujours été au beau fixe. Camille Martel raconte les séparations, dont la plus injuste est la disparition d’un pilier de cette còla, Lux Botté, en 2008.
 
« Après ça nous avons mieux veillé à prendre soin les uns des autres » nous a glissé Gari Grèu, un des Massilia, lors d’un récent entretien.
 
C’est, avec la résistance au totalitarisme, avec le rejet sans concession de la xénophobie, avec l’appel à une société de convivència, avec la tendresse manifestée au monde ouvrier et aux cultures populaires, la grande leçon que pourrait nous donner ces trente années du Massilia.
 
Ils auraient pu exploser pour de sordides questions de droits d’auteur – et ça a failli, nous explique Camille Martel – ou d’ego mal soigné. Cela n’est pas arrivé ; les crises ont bien éclaté, et elles ont été dépassées.
 
Cette fraternité s’est construite sur un projet de société, un projet artistique, toutes les difficultés qu’on affronte ensemble, et toutes les joies qu’on partage avec tous les espoirs.
 
C’est le message universel, chanté souvent en occitan, que cette demi-douzaine de garçons comme les autres nous adressent. 

A lire aussi sur le même sujet 

Mercredi 29 Octobre 2014
Michel Neumuller




Nouveau commentaire :


Copyright

Les articles diffusés sur Aquo d'Aqui.info sont protégés par la législation sur les droits d'auteur et le copyright. Il est interdit de les diffuser hors le site d'Aquo d'Aqui, sauf autorisation expresse de son créateur.

Recherche

Dison que...

Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




Copyright

Les articles diffusés sur Aquo d'Aqui.info sont protégés par la législation sur les droits d'auteur et le copyright. Il est interdit de les diffuser hors le site d'Aquo d'Aqui, sauf autorisation expresse de son créateur.