Aquò d'Aqui


Lo dire d’Elie Lebre (14)

Comment un paysan provençal du XXème siècle disait son temps, les saisons, le bon sens... dans sa langue de tous les jours. quatorzième semaine.

Edité par l'Association pour l'Enseignement de la Langue d'Oc

L’agriculteur érudit et curieux Elie Lèbre (Cucuron –  Luberon : 1920-91) par bonheur rencontra l’occitaniste Madeleine Jaquier, et le fruit d’années de collectage nous a permis d’en savoir beaucoup sur la manière vivante et quotidienne de parler provençal.
 
Avec l’aimable autorisation d’Alain Barthelémy-Vigouroux qui a organisé la masse de notes et d’enregistrements issus de ce travail, nous vous en offrons un morceau chaque semaine, en vous recommandant d’acquérir le livre édité par l’Association Pour l’Enseignement de la Langue d’Oc .


















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Journée des Langues à l'école Jean Jaurès


Dans une France qui tremble à l'idée d'entendre parler breton ou occitan, comme il serait reposant d'être juste dans la normalité d'une société bienveillante pour sa diversité. A Montpellier, André Abbe a vécu un de ces moment rêvés, trop rares.



Journée des Langues à l'école Jean Jaurès
Cela avait déjà été organisé dans des écoles primaires de Montpellier, mais c'était une première à l'école Jean Jaurès du quartier Rives du Lez. Une "Journée des Langues" avait été programmée pour le jeudi 5 février.

Des locuteurs de langues du monde avaient été recrutés parmi les parents des élèves, les enseignants et les assistants d'éducation de cette école.

Ma petite- fille, élève du cours élémentaire 1ere année, avait immédiatement pensé à son père  pour l' anglais, et à son pépé pour l'occitan. 

L'école a entendu les parents parler italien, croate, grec, andalou, occitan...

Quinze ateliers avaient été mis en place, animés par 25 intervenants. Le fait que cet événement ait été organisé dans l'école Jean Jaurès est hautement symbolique.

Jaurès était un ardent défenseur de la langue d'Oc, son article "Sur l'enseignement des dialectes" paru dans "la Dépèche de Toulouse" l'atteste.
 
   J'étais dans mes petits esclops en entrant à 9 heures dans la salle de classe qui m'avait été attribuée. Très rarement j'avais eu à m'adresser à des écoliers.

Quatre groupes de 8 élèves, du cours préparatoire au CM2, m'ont été confiés au cours de la journée, pour une durée de 45 minutes à chaque fois.

Après avoir présenté l'occitan que nos grands parents appelaient le patois, j'ai fait remarquer aux enfants que la langue est encore présente dans leur environnement; dans le nom de la rue des gabares voisine, dans celui du village voisin de Castelnau le Lez, par exemple...

J'ai ensuite lu l'histoire "Dau rigau e dau manhan", puis organisé le jeu de mains "la batalha" et enfin fait danser la borrèia à tous les volontaires.

Ces activités ont paru intéresser et amuser les enfants qui se sont montrés aimables et disciplinés. Quelques uns d'entre eux parmi les aînés avaient entendu parler de l'occitan ou du languedocien.

Il est vrai que Montpellier célèbre notre langue dans un "Total Festum" de folie, chaque année, qui attire beaucoup de monde. Le théâtre « la Vista » propose des spectacles en occitan, y compris pour les enfants.

Pendant que je dansais la bourrée, ma voisine d'origine vietnamienne donnait le nom vietnamien de bonbons multicolores que les élèves étaient chargés de capturer à l'aide de baguettes.

Une mère d'élève mongole, d'une famille récemment arrivée, enseignait un chant en mongol. Plus loin, le jeu du béret se déroulait en arabe, un quizz se faisait en grec, et en espagnol étaient expliqués les pas de la jota aragonaise ou du flamenco andalou.

J'ai oublié ce qu'il s'est fait dans les ateliers d'italien, de croate, de slovène, de japonais ou chinois. Mon fils a lu des comptines et des histoires en anglais, tandis que dans un autre atelier d'anglais on a préparé des pancakes. Tous ensemble nous avons dégusté ces crespèus en fin de journée dans une excellente ambiance.
 
Un mois plus tard, je suis retourné à Montpellier et en ai profité pour demander à des enseignantes comment avait été vécue cette journée.

Enfants et adultes n'ont qu'une envie, recommencer l'année prochaine. Si je suis invité à nouveau, je reviendrai, d'autant que ma deuxième  petite- fille sera entrée au cours préparatoire.

Je rempilerai volontiers jusqu'à l'arrivée en primaire de mon petit fils, dans trois ans.

A l'an que vèn. 

Mercredi 29 Avril 2015
Andrieu Abbe




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