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Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Ils apprennent le provençal au Conseil Départemental du 13

Depuis quatre ans, le provençal s'enseigne au Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône


MARSEILLE. Une quarantaine d’agents du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône suivent les cours de langue d’oc ou de civilisation provençale de Patrici Gauthier. Le fonctionnaire territorial est aussi majoral du Félibrige et tient à transmettre un savoir vivant.



Trois cours, chacun tous les quinze jours, permettent aux agents du CD13 d'apprendre le provençal (photo MN)
Trois cours, chacun tous les quinze jours, permettent aux agents du CD13 d'apprendre le provençal (photo MN)
Le pauvre ! Alors qu’il faisait un stage de voile, il s’est « arraché » les bras, et « égratigné » les mains, et pire encore !  Heureusement ce grand blessé de la mer n’était que fictif. Lui et ses multiples blessures à l’un ou l’autre membres permettent à Patrice Gauthier de soutenir un cours de révision sur le corps humain.
 
Et les élèves de s’estrasser de rire en égrainant les malheurs de l’adepte imaginaire du yachting, à coups de « derraba », « grafigna » et quelques autres participe passé relevant du domaine du gros bobo.
 
Dans une salle de l’Hôtel du Département, à Marseille, ce cours de provençal est assuré depuis quatre ans par Patrici Gauthier. Le majoral du Félibrige est aussi collaborateur du CD13, où il a entrepris d’intéresser ses collègues à la langue vivante, celle qui vous permet de communiquer, et, pourquoi pas, de rire d’une bonne blague.
 
De Laurent, le benjamin, cartographe, à peine trentenaire, à Claude, la doyenne, retraitée qui fête ses quatre-vingt printemps, une quinzaine d’agents du CD13, leurs conjoints ou des retraités se perfectionnent de cette façon tous les quinze jours dans une salle de réunion.

"Je leur parlais de l'histoire de la militance pour la langue d'oc, plusieurs ont eu envie de l'apprendre"

Patrici Gauthier : " Quand les cours sont orientés selon la culture professionnelle des apprenants, ils en voient vite l'intérêt" (photo MN)
Patrici Gauthier : " Quand les cours sont orientés selon la culture professionnelle des apprenants, ils en voient vite l'intérêt" (photo MN)
« Une partie de mon travail se déroule à Arles, au Museon Arlaten », explique Patrici Gauthier. « L’idée m’est venue là-bas de partager une certaine connaissance de la langue avec les gens qui y travaillent. La direction s’est montrée bienveillante, et j’ai choisi d’orienter le cours sur les collections de ce musée d’ethnographie provençale. Des gravures y sont légendées en provençal et nombre d’objets conservés étaient nommés en provençal voici un siècle. »
 
Aussi les personnels du musée ont vu rapidement que c’est leur culture professionnelle qui serait bonifiée par l’apprentissage du provençal.
 
Puis c’est un atelier de civilisation qui est ouvert à Marseille, à l’Hôtel du Département. «  Dans cet atelier culturel on parlait de l’occitan dans l’espace roman, et de l’histoire du régionalisme, sans occulter ni les enjeux ni les tensions entre les différentes écoles ».
 
De fil en aiguille, les participants séduits demandent à apprendre la langue. « Plutôt qu’un cours trop scolaire, je les ai mis en situation de parler, ce qui en a fait progresser plus d’un ».
 
Quatre ans après le premier cours marseillais, Patrici Gauthier doit en organiser trois : un de civilisation, et deux d’apprentissage du provençal, organisés tous les quinze jours, durant une heure, celle du repas de midi.
 
Qui sait si, en vous rendant au Conseil Départemental pour une démarche quelconque, derrière le guichet vous n’aurez pas un de ses élèves ? Tentez l’expérience : « adessias, madamo, es que… ». On vous répondra peut-être en lengo nosto

Lundi 14 Septembre 2015
Michel Neumuller




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Nos villes avec leur nom historique et sans enquiquineur procédurier

Un aspect de la loi Molac, votée le 8 avril, est resté à tort dans l'ombre : le droit de nommer ses rues et ses entrées de ville sans être harcelé par un obsédé de la langue unique.

De la loi loi nº 2548 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, désormais connue sous le nom de son promoteur, Paul Molac, nous avons surtout retenu les articles permettant de renforcer l’enseignement bilingue dans les établissements publics.

 

Cependant s'il est un aspect de la promotion des langues minoritaires qui a été négligé par les commentateurs, c’est celui de la signalétique bilingue. C’est un tort car cette possibilité, enfin débarrassée des attaques imbéciles de soi-disant libres penseurs, fera évoluer les mentalités de nos concitoyens, à qui sera rappelée aisément la fierté de leur terroir.




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