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Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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"Des gens qui décident de ne plus suivre"


LA CIOTAT. Frédéric est occitaniste, acteur engagé de la vie locale, pas chômeur, pas retraité dans la gêne, mais impliqué dans la société. Le voici revêtant le fameux gilet, et il nous livre en vrac son ressenti.



"Des gens qui décident de ne plus suivre"
Le FN, ou son prolongement le Rassemblement National noyautait-il et récupèrerait-il vraiment ce mouvement des Gilets Jaunes ? Moi je soutenais l’idée de justice sociale qui s’affirmait dans cette protestation de terrain. Le mieux était donc d’aller voir sur place. Et me voici au péage, sortie de La Ciotat.

"Nous inventons une forme de démocratie qui refuse le système médiatico-politique"

Et nous parlons, nous parlons…Qui vois-je ? Des chômeurs, beaucoup ; un homme malade, sous chimiothérapie qui n’arrive pas à joindre les deux bouts ; des retraités modestes…Une avocate. Et même un anesthésiste. Il y a là beaucoup de gens qui, sans être dans le besoin, ont tenu à venir manifester leur solidarité, et enfilent le fameux gilet. Mon sentiment c’est que les gens souffrent.

Beaucoup, parmi les gens qui sont là, sont ceux dont, habituellement, la société attend qu’ils suivent. Le fait marquant, c’est que désormais ils décident de ne plus suivre…

Je travaille, alors je n'y vais que le weekend. Ah ! Oui, le FN vient, le PC aussi ; ils restent, sans trop afficher la couleur. La Chourmo de La Ciotat est là aussi. Un peu frileuse au début. Moussu T e lei Jovents reviennent de Buis-les-Baronnies, retour de concert. Ça discute, ça discute, on prend aussi l’apéro. Tout ça est bon enfant, tout le monde est dans l’échange.

Que me disent les gilets ? « On est accablés de charges et les salaires n’augmentent pas », au début. Ensuite ça évolue : « le peuple n’est pas écouté ! » disent-ils. J’aimerais mettre ici un drapeau occitan, mais le site web de la boutique Macarel a été hacké, impossible de commander. J’ai une estrellada, la bannière républicaine catalane. Je l’arbore. « Pourquoi ? » me demandent les collègues. Je leur explique : « parce que là-bas non plus le gouvernement n’écoute pas les citoyens ».

Nous avions un porte-parole, mais nous l’avons congédié, on n’en veut plus. Les TV n’ont ainsi personne sur qui focaliser, personne à casser sur les plateaux télé. C’est eux que ça déstabilise, pas nous. Notre sentiment, sous le gilet, c’est que nous inventons une forme de démocratie qui refuse le système médiatico-politique.

Il faudra bien en sortir, par le haut si possible, et donc se poser la question de la représentation. Mais nous n’en sommes pas encore là. Pour l’heure on veut être écouté.  Or, nous entendons que la violence policière marque les manifestations. Nous discutons avec les policiers qui passent. Certains ont écrit leur nom au marqueur sur nos gilets, et nous ont dit : « on des hommes avant d’être policiers ». L’un d’eux, un Ciotaden qui travaillait à Marseille, s’est suicidé durant le mouvement, un homme de 42 ans. Je ne prétends pas que c’est parce qu’on lui faisait faire ce qu’il ne voulait pas faire, mais il est possible que ça ait fait partie de son ras le bol.

La question se pose, bien sûr, qu’est-ce qui sortira de tout ça ? Le débouché politique pourrait être un référendum, pour changer la constitution. En tout cas, le néolibéralisme aux forceps, non ! Nous n’en voulons pas. La démocratie, si, surtout si elle est régionale.
"Des gens qui décident de ne plus suivre"

Mercredi 12 Décembre 2018
Fred Martin




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