Terre d'élection

Il y a les candidats qui parlent occitan, ceux qui font des promesses pour les langues régionales, et ceux qui ne comprennent pas tout à fait qui nous sommes.

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En prouvençau per sedurre la pratico


(Article en français et provençal) - Peu le font, mais certains l'osent : nommer leur entreprise en provençal, faire de la réclame dans leur langue. Ils ne font pas faillite pour autant.



De l'influence des grands mères dans l'appellation entrepreunariale...(Photo MN)
De l'influence des grands mères dans l'appellation entrepreunariale...(Photo MN)

L

e réparateur de lave linges le dit, à Pélissanne, entre Aix et Salon : « ça me fend le cœur quand un de mes clients me demande : «  c’est quoi « La Bugado » ?* Est-ce que c’est de l’espagnol ? ». Et la situation arrive parfois, même là, dans le cœur rural de la Provence maritime, devenu il est vrai une cité dortoir entre les deux grandes villes pourvoyeuses d’emplois.


Denis Giraud, qui a créé La Bugado en 1991 avait alors tout bêtement  demandé à sa grand-mère, aixoise de souche, « dis mémé, comment je pourrais l’appeler ma société de réparation ? » Et il s’était entendu répondre : « Pitchoun, tu l’appelleras « La Bugado ! » ce qu’il fit recta. 


« Ma grand-mère et son frère ne parlaient qu’en provençal entre eux, et elle me parlait aussi patois, ce qui fait que je l’ai dans l’oreille, mais ne sais le parler, malheureusement. » Cependant, souvent le nom parle aux clients, qui sont de toute façon de proximité.


Denis Giraud n’envisage pas de franciser le nom de sa petite entreprise, mais plutôt de mettre un peu de langue d’oc dans ses prospectus. Certes il s’interroge : « est-ce que les gens comprendront ? »

Mais en même temps, il pourrait faire œuvre pédagogique avec une simple phrase, et ça, ça l’intéresserait. « Chaque écolier en Provence devrait bénéficier d’une ou deux heures hebdomadaires de provençal, ça leur profiterait et nous garderions mieux notre culture » dit-il, en s’étonnant que les plus réceptifs soient ceux qui, venus d’ailleurs, une fois en Provence, s’intéressent à ses traditions et à sa langue.


Nul n’est prophète en son pays, mais si ses natifs s’intéressaient mieux à leur identité, ça ne serait pas plus mal selon lui.


Plutôt rien que quelque chose dans l'autre graphie...

Changement de décor, les bois de pins odorants de Pélissanne laissent la place aux vignobles bien ordonnés de Chateauneuf-du-Pape. Pourtant Blachère **, une famille ardéchoise qui a posé cavilha au pays du rouge de qualité, fait plutôt là depuis un bon siècle des liqueurs et des sirops, dont le « PAC citron » qui affiche depuis les seventies la même étiquette tendance pop. En 2003 la petite société (elle emploie 9 salariés, quelques représentants et développe 2 M€ de chiffre d’affaires), avait édité une très belle brochure en occitan.

Las ! le document, tiré à mille exemplaire et somptueusement illustré a été écrit en graphie classique. « Que n’ai-je reçus comme courriers vengeurs ! » déplore Raphael Vannelle, le gérant trentenaire qui veut développer la marque en l’asseyant sur les traditions régionales.


Paroles radicales, contre-vérités assénées doctement ont voulu éradiquer les « a » finaux, au bénéfice des « o ». Air trop connu ! « Je trouve que ces réactions sont tristes » et auraient pu décourager sa bonne volonté. « Je m’étais adressé au prof de provençal des enfants de la comptable de la société, M. Simonnet, et nous étions fiers de ce travail, dont le rédacteur d’une nouvelle brochure, en mistralien cette fois, me dit qu’elle était impeccablement écrite. »


Bien sûr, pour certains, il vaut mieux ne pas développer l’usage du provençal, si ce n’est fait dans l’optique de leur secte.

Nonobstant, Blachère, loin de se décourager, a actuellement pour projet la traduction provençale des textes français en contre étiquettes de deux de ses produits phares, l’emblématique PAC citron, et le FUN blue, une boisson rafraichissante.


En faisant visiter la vénérable cave, claffie de tonneaux datant parfois du XIXè siècle, Raphaël Vannelle fait aussi une confidence, « Frédéric Mistral était ami d’Emile Blachère, l’Ardéchois fondateur de la marque, dont « l’Origan du Comtat », sa première liqueur, aurait soigné les victimes de l’ultime épidémie de choléra du siècle finissant ».

 


*La Bugado – 1171 Av. général de Gaulle – 13330 Pélissane, tel. 04 90 55 27 17

** Blachère - http://www.lardechoise.com/ (contient in extenso le texte et les images de la brochure en oc citée dans l’article). Distillerie Blachère – Route de Sorgues – 84230 Chateauneuf du Pape. Tel. 04 90 83 53 80.


Jeudi 29 Juillet 2010
Michel Neumuller




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