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 <title>Aquò d'Aqui</title>
 <subtitle><![CDATA[Aquò d’Aquí dit l’actualité et interroge la société en langue occitane dans ses différentes variétés en aidant les francophones à comprendre]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-14T09:53:35+02:00</updated>
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   <title>Afrik’aïoli déjà culte avant même sa sortie</title>
   <updated>2013-10-07T19:53:00+02:00</updated>
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   <category term="Societat/Païs" />
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   <published>2013-09-16T17:18:00+02:00</published>
   <author><name>Michel Neumuller</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
ESPIGOULE. Le prochain film de Christian Philibert (Les quatre saisons d’Espigoule) a été vu par six mille personnes durant l’été, au cours d’avant-premières de plein air en Provence. En septembre il concourt dans un festival à Toulouse. Dès avant son lancement officiel le 22 janvier 2014, le film humaniste bourré d’auto dérision provençale est un phénomène. Mais s'il attire les spectateurs, les producteurs restent eux à distance.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.aquodaqui.info/photo/art/default/5860623-8736399.jpg?v=1379344940" alt="Afrik’aïoli déjà culte avant même sa sortie" title="Afrik’aïoli déjà culte avant même sa sortie" />
     </div>
     <div>
      La sortie nationale d’Afrik’aïoli, le dernier film de Christian Philibert, aura lieu&nbsp; le 22 janvier 2014. A cette date toutefois, des milliers de gens l’auront déjà vu. <br />  &nbsp; <br />  Le cinéaste provençal a en effet choisi de lancer son film par une série d’avant-premières, souvent en plein air. Nous avons eu le témoignage de spectateurs qui y sont retournés. Christian Philibert nous le confirme. <em>«&nbsp;L’un d’eux est venu me voir à l’issue d’une des séances. C’était sa sixième&nbsp;! Je ne crois pas que c’était par esprit de soutien. Cela devait lui plaire&nbsp;».</em> <br />  &nbsp; <br />  Afrik’aïoli est l’histoire, évidemment insolite, du patron de bar d’Espigoule (le village fictif provençal des Quatre Saisons d’Espigoule, mais qui ressemble sacrément à Ginasservis, dans le Var d'où est originaire le cinéaste), Jean-Marc, qui se rend au Sénégal, et y vit quelques aventures lui rappelant qu’Espigoule est universel, finalement. <br />  &nbsp; <br />  Bref, humour, auto dérision, provençalité assumée, convivialité, reconnaissance de l’autre…telle est l’œuvre de Christian Philibert. Désormais connu comme le loup blanc, il n’est pas pour autant en odeur de sainteté chez les producteurs, distributeurs et surtout quand il s’agit de demander l’assistance d’une chaîne de TV. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Petit budget et gros coeur, ça ne rassure pas les producteurs</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.aquodaqui.info/photo/art/default/5860623-8736400.jpg?v=1379345695" alt="Afrik’aïoli déjà culte avant même sa sortie" title="Afrik’aïoli déjà culte avant même sa sortie" />
     </div>
     <div>
      <em>«&nbsp; Les films en France ne doivent pas sortir d’une certaine routine qui rassure les producteurs. Peu importe que le public soit content, il s’agit avant tout de boucler le budget d’un film, et dans cette logique il y a peu de place pour des gens comme moi&nbsp;»</em> nous explique-t-il. <br />  &nbsp; <br />  Afrik’aïoli sera un film à budget minimal pourtant, moins de 500&nbsp;000 €, soit le salaire d’une star du cinéma français pour un seul film. <br />   <br />  Il fera entendre une voix moins convenue, proposera une narration différente, jouera sur la convivialité dont nous rêvons tous. <br />  &nbsp; <br />  <em>«&nbsp;J’ai l’habitude de toutes façons de faire des films phénomène…mais reconnus après leur sortie.&nbsp;»</em> Donc, peu de chances d’accrocher la production d’une chaîne télé pour pré financer le film. <em>«&nbsp;C’est peut-être le prix à payer pour ma liberté de manœuvre. Personne ne peut me dire comment écrire mon scénario, mais le public apprécie, il ne pantoufle pas&nbsp;».</em> <br />  &nbsp; <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Afrik'aioli passe maintenant le Rhône</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.aquodaqui.info/photo/art/default/5860623-8736404.jpg?v=1379345739" alt="Afrik’aïoli déjà culte avant même sa sortie" title="Afrik’aïoli déjà culte avant même sa sortie" />
     </div>
     <div>
      Selon lui, 6000 spectateurs ont vu le film lors des <a class="link" href="http://www.youtube.com/watch?v=j1zZXc4dRgQ" target="_blank">avant-premières estivales</a>. 22 en tout entre le 15 juin et le 31 aout. 800 personnes sont venues, pour une séance en plein-air pour le 30 aout, au golf de La Garde (83). Et encore 700 pour l’ultime séance, le lendemain à St-Julien le Montagnier (83). <br />  &nbsp; <br />  <em>«&nbsp;Pourtant, fort de ces chiffres, quand je relance les producteurs, ils me rétorquent&nbsp;:</em> «&nbsp;c’est un succès local, vous jouez à domicile, sorti de Provence qu’est-ce que ça vaudra&nbsp;?&nbsp;» <em>Ça tombe bien nous passons le Rhône ces jours-ci pour d’autres avant-premières dans le Sud-Ouest. On verra bien…&nbsp;»</em> <br />  &nbsp; <br />  <a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=qNio7-DK4-0" target="_blank">Afrikaïoli</a>  sera en effet présenté en compétition au Festival Groland, du nom de l’émission de Canal+, à Toulouse du 19 au 21 septembre 2013. <br />   <br />  Lire aussi : &nbsp;<a class="link"  href="https://www.aquodaqui.info/Christian-Philibert-un-anti-santon-sans-complexes_a277.html">Christian Philibert, un anti santon sans complexes</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Christian Philibert, un anti santon sans complexes</title>
   <updated>2013-03-19T16:35:00+01:00</updated>
   <id>https://www.aquodaqui.info/Christian-Philibert-un-anti-santon-sans-complexes_a277.html</id>
   <category term="Cinema/Visuau" />
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   <published>2013-03-05T05:48:00+01:00</published>
   <author><name>Michel Neumuller</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
ESPIGOULE. Son documentaire « Le Complexe du santon » a marqué les esprits en 2005, et sa fiction « Les quatre saisons d’Espigoule » est devenue cultissime. Christian Philibert présente bientôt « Afrik’Aïoli » à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes. Ce cinéaste nous parle de la difficulté et de la passion de faire des films au pays, et de la place de la langue occitane dans la fiction au XXIème siècle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.aquodaqui.info/photo/art/default/5288198-7891599.jpg?v=1362516997" alt="Christian Philibert, un anti santon sans complexes" title="Christian Philibert, un anti santon sans complexes" />
     </div>
     <div>
      <strong>Sans aval d’un scénario par les chaînes publiques point de financement&nbsp;! C’est ce que nous disent régulièrement les téméraires qui se lancent dans un projet de fiction en occitan. Est-ce si raide que ça&nbsp;?</strong> <br />  &nbsp; <br />  La règle existe pour tout type de film, mais était contournable. Arte n’avait pas voulu de «&nbsp;Travail d’Arabe&nbsp;», mais avait finalement décidé de l’acheter, une fois vu au Festival de San Sebastian. Idem pour les «&nbsp;Quatre saisons d’Espigoule&nbsp;», auquel Canal+ n’avait apporté son concours qu’ après avoir vu la bande annonce. Mais la situation s’est durcie. Les chaînes désormais veulent acheter le film une fois achevé, et tous les risques sont pour ceux qui se sont investis. Quand on commence un film on n’est plus jamais certain de pouvoir le terminer. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Les aides du Centre National de la Cinématographie&nbsp;?</strong> <br />  &nbsp; <br />  Parfois on l’obtient. Mais j’ai un problème avec ça&nbsp;; si le film n’est pas dialogué d’une manière formatée, l’aide, vous ne l’avez pas&nbsp;! L’industrie cinématographique veut avoir le contrôle total de ce que fait le cinéaste. Cela part du sentiment qu’il faut être sûr que le film rencontrera un public&nbsp;; mais on voit bien qu’en réalité plus personne ne contrôle rien. Les grosses machines se cassent de plus en plus la figure, parce que le public dit son besoin de voir des choses différentes. C’est ainsi que j’analyse la situation. Internet, la possibilité de voir tant de choses, a montré au public que d’autres voies sont possibles. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.aquodaqui.info/photo/art/default/5288198-7891600.jpg?v=1362459492" alt="Christian Philibert, un anti santon sans complexes" title="Christian Philibert, un anti santon sans complexes" />
     </div>
     <div>
      &nbsp;<strong>Une voie est-elle également possible pour le cinéma en occitan&nbsp;?</strong> <br />  &nbsp; <br />  Il est déjà très difficile de trouver des financements pour un cinéma méridional &nbsp;un peu marqué. Mais je pense qu’avec un budget peu élevé, ça doit rester possible de mener un projet cinématographique en occitan. Philippe Carrese l’a montré avec Malaterra*. Tourner en provençal se prêterait bien au film historique selon moi. Il me semble incongru, dans une fiction, de faire parler français à un paysan provençal du XVIIIè ou même du XIXè siècle. Voyez le cinéma de Mel Gibson, qui, pour parler du Christ, cherche comment on parlait à son époque. Ce cinéma-là est une aventure qui mérite de trouver un public, et en fait il le trouve. <br />  &nbsp; <br />  Pour revenir au provençal, que je ne parle pas hélas, car il s’est perdu entre la génération de mes grands-parents et la mienne, j’aurais du mal à tourner dans une langue que je ne maîtrise pas. J’y viendrais bien, mais, investi dans mon métier, je manque terriblement du temps nécessaire pour m’y mettre, comme d’ailleurs pour faire de la musique, une passion pourtant&nbsp;! <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.aquodaqui.info/photo/art/default/5288198-7891601.jpg?v=1362459621" alt="Christian Philibert, un anti santon sans complexes" title="Christian Philibert, un anti santon sans complexes" />
     </div>
     <div>
      <strong>Votre prochain film emprunte à Espigoule mais se passe en Afrique. Que pouvez-vous en dire&nbsp;?</strong> <br />  J’entraîne Jean-Marc au Sénégal. <a class="link" href="http://www.espigoule.brokatof.com/2012/07/06/la-bande-annonce-du-nouveau-film/" target="_blank">Le patron du bar d’Espigoule va à la rencontre des Africains. </a>  Espigoule se tire ailleurs&nbsp;! Et c’est un choc culturel cette rencontre entre Afrique et Provence. L’idée est venue de Jacques Dussart, mon scénariste, qui connaît bien le Sénégal. En bref on a créé des ponts entre Espigoule et son équivalent au Sénégal. Créer des ponts c’est important. Le film sera présenté à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes bientôt, mais nous le lancerons en fait à partir de l’été prochain dans les villages, où le film sera projeté au cours de soirées festives, avec musique et tout…En tout cas, pour la première fois je suis fier de ce que j’ai fait. D’habitude, quand je vois mes films une fois terminés, j’en sors totalement anéanti&nbsp;! <br />  &nbsp; <br />  <strong>Espigoule (Ginasservis, en réalité) est devenu une légende, mais qu’en a dit le public d’ici, confronté à l’image que vous lui renvoyiez de lui-même&nbsp;?</strong> <br />  &nbsp; <br />  Les Provençaux se sont reconnus dans Espigoule, mais une minorité s’est offusquée qu’on puisse se moquer de nous-mêmes. J’ai le souvenir d’un vieux Félibre, charmant mais désespéré qu’on se montre ainsi. <em>«&nbsp; Que va-t-on penser de nous à Paris&nbsp;?&nbsp;» </em>m’a-t-il interpellé. J’ai répondu que l’autodérision est une part de notre identité. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Et vos prochains projets…s’ils peuvent trouver un financement&nbsp;?</strong> <br />  &nbsp; <br />  J’hésite à livrer mes idées dans un monde du cinéma toujours prompt à les piquer aux autres. Mais si j’avais les moyens je tournerais une fresque sur la peste de Marseille. Evidemment ce serait pharaonique&nbsp;! L’idée de résistance m’intéresse. &nbsp;Les exemples ne manquent pas chez nous. Et j’ai quelques personnages historiques à faire vivre en Provence sur ce thème. Je suis un passionné d’histoire, et préparer un documentaire comme «<a class="link" href="http://www.youtube.com/watch?v=cqVpZGHVX_k" target="_blank">&nbsp;Le Complexe du santon</a>  &nbsp;» a été un plaisir parce que j’ai pu parler des heures et des heures avec des historiens comme René Merle et quelques autres. <br />  &nbsp; <br />  <span style="color:#800080;">*Mais c’était en 2002-2003, avec une aide de la Régie Régionale du Cinéma (Ndlr).</span> <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="color:#800080;"><strong>Cet entretien avec Christian Philibert sera également publié, augmenté d'autres questions et réponses sur le thème du documentaire historique régional dans le prochain numéro du mensuel <a class="link" href="http://www.aquodaqui.info/S-abonner-au-mensuel-Aquo-d-Aqui_a104.html" target="_blank">Aquò d'Aquí</a>, en mars-avril 2013.</strong></span>
     </div>
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