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 <title>Aquò d'Aqui</title>
 <subtitle><![CDATA[Aquò d’Aquí dit l’actualité et interroge la société en langue occitane dans ses différentes variétés en aidant les francophones à comprendre]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-13T05:37:21+02:00</updated>
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   <title>Jean-Claude Bouvier : lettre ouverte à Renaud Muselier sur le nom de "Provence"</title>
   <updated>2018-02-02T11:44:00+01:00</updated>
   <id>https://www.aquodaqui.info/Jean-Claude-Bouvier-lettre-ouverte-a-Renaud-Muselier-sur-le-nom-de-Provence_a1546.html</id>
   <category term="Dison que" />
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   <published>2018-02-02T07:52:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Claude Bouvier, président honoraire de l'Université de Provence</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'ex président de l'Université d'Aix-Marseille argumente sur l'histoire, la linguistique et le rayonnement européen.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.aquodaqui.info/photo/art/default/19895431-23595567.jpg?v=1517554732" alt="Jean-Claude Bouvier : lettre ouverte à Renaud Muselier sur le nom de "Provence"" title="Jean-Claude Bouvier : lettre ouverte à Renaud Muselier sur le nom de "Provence"" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le président Muselier, vous savez certainement que deux pétitions circulent actuellement pour demander que le nom de <em>Provence</em> soit donné à notre région en remplacement de la dénomination qui a été adoptée par le Conseil régional le 15 décembre dernier&nbsp;: <em>Sud – Provence –Alpes – Côte d’Azur</em>, avec sa forme réduite <em>Région Sud</em>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Son histoire est la structure profonde de notre territoire qui explique bien des comportements</b></div>
     <div>
      L’une a été initiée par M. Hervé Guerrera, conseiller municipal d’Aix-en-Provence, ancien conseiller régional, l’autre par M Marc Dumas, ancien libraire d’Apt, écrivain, ancien président de l’association Alpes de Lumière. L’un et l’autre sont des militants actifs et reconnus pour la diffusion de la langue et de la culture provençales, Hervé Guerrera du côté de l’occitanisme, Marc Dumas du côté du Félibrige mistralien. Leurs deux <a class="link"  href="https://www.aquodaqui.info/Ni-Sud-ni-Paca-approche-les-12-000-petitionnaires_a1523.html">pétitions </a>connaissent un grand succès et surtout elles ont à mon avis le mérite de rassembler à elles deux des signataires venant de toute la région qui ont des conceptions et des pratiques différentes dans le domaine de l’expression de la langue, mais aussi des citoyens de tous bords qui ne sont pas nécessairement sensibles à la question de la langue. <br />   <br />  Je me permets de vous écrire aujourd’hui, parce que, comme vous le savez sans doute, j’ai présidé en 2009 un comité d’experts qui avait été mis en place par le président Michel Vauzelle pour examiner les résultats d’une consultation préalablement engagée sur le nom de la région et pour présenter un certain nombre de propositions. Notre mission n’était pas de proposer un seul nom, mais il est certain que le nom de Provence avait été très majoritairement placé en tête de notre liste, pour des raisons qui me semblent sérieuses. <br />   <br />  Ce nom de Provence a d’abord l’immense intérêt d’être simple, facile à identifier, à utiliser et également à dériver&nbsp;: les habitants seront tout simplement les Provençaux, de même que les habitants de la Région Normandie sont des Normands, ou ceux du Piémont des Piémontais, de Bavière des Bavarois…. Des organismes régionaux comme l’ARPE pourront être désignés comme ARPE Provence ou provençale au lieu de l’actuel ARPE PACA, et il en sera de même pour le CRIGE régional ou encore l’Établissement public foncier…… Vous avez eu tout à fait raison de refuser l’emploi de l’affreux acronyme PACA (et à plus forte raison de son dérivé éventuel «&nbsp;pacaïen&nbsp;») et on ne peut que vous en remercier. Mais je ne pense pas que la forme réduite <em>Région Sud</em> présente la même commodité et surtout la même efficacité que le terme de <em>Provence</em>. Il est évidemment impensable d’appeler les habitants des <em>Sudistes,</em> en raison de la connotation plutôt défavorable que ce nom a pris depuis la guerre de Sécession aux États-Unis. Mais surtout ce terme de Sud me paraît beaucoup trop général et abstrait pour désigner notre région. Le sud n’est pas l’apanage de ce territoire. Deux autres régions françaises dans l’hexagone sont au sud et contiennent même des départements qui poussent des pointes au sud des nôtres. Par ailleurs le sud n’a jamais été, en matière de territoire, une entité bien définie et clairement identifiable, ni sur le plan géographique ni sur le plan historique. <br />   <br />  Le nom de Provence est au contraire un nom chargé d’histoire et de prestige, qui a désigné une province au passé brillant. Il me paraît que dans la France d’aujourd’hui et plus encore dans le cadre de l’Union européenne, à laquelle je sais que vous êtes avec raison très attaché, une région appelée tout simplement Provence devrait avoir plus de poids et de rayonnement, à l’instar des Bavière, Piémont, Lombardie, Catalogne (bien sûr, malgré les aléas actuels) …… <br />   <br />  Certes je connais l’objection qui est souvent faite à cette proposition. Cette dénomination ne concernerait qu’une partie du territoire de notre Région&nbsp;: les habitants des Hautes-Alpes et des Alpes-Maritimes en seraient exclus, car ils n’appartiendraient pas à la Provence dite historique. Mais, sans vouloir y insister longuement, je noterai simplement qu’au cours des âges ce terme a été d’un usage très extensible. Il a désigné des réalités territoriales extrêmement variables. La Provincia des Romains, constituée dès les dernières années du II<sup>e</sup> siècle avant J.C., coïncidait à peu près avec la Provence actuelle, mais au I<sup>er</sup> siècle ap. J.C. la Narbonensis Provincia est un vaste territoire qui va des Alpes à Toulouse. Quelques siècles plus tard, en 879, le royaume de Provence (capitale Vienne), fondé par Boson, s’étendait du Bugey et de la Bresse jusqu’à la mer, englobant une partie de la Bourgogne, le Dauphiné, la Provence actuelle, une partie du Languedoc. <br />  En ce qui concerne les Hautes-Alpes, il faut rappeler qu’au Moyen Âge Gap et sa région, Embrun en particulier, étaient rattachés au Comté de Provence, dès la fin du X<sup>e</sup> siècle, puis au Comté de Forcalquier réuni ensuite au Comté de Provence&nbsp;: seule la région de Briançon faisait partie dès le XI<sup>e</sup> siècle des terres dauphinoises du Comte d’Albon. <br />   <br />  Du côté oriental, on sait que Nice et son territoire font partie du Comté de Provence, depuis le X<sup>e</sup> siècle et que ce même Comté a eu une propension très forte à s’étendre vers l’est&nbsp;: au XIII<sup>e</sup> s. Charles d’Anjou acquiert Sospel, Breil et Saorge à l’extrémité orientale des Alpes- Maritimes actuelles. La sécession de Nice et son rattachement à la maison de Savoie interviendront en 1388 seulement, comme une conséquence du conflit, provoqué en Provence par la succession de la reine Jeanne, entre les forces de Louis d’Anjou et celles de Charles Duras. <br />   <br />  Bien sûr, direz-vous, cela est exact, mais le temps a passé, nous ne sommes plus au Moyen Âge et il faut tenir compte des réalités d’aujourd’hui. Certes, mais si j’ai rappelé ces données de l’histoire, c’est parce que ce sont des structures profondes de notre territoire, elles sous-tendent et expliquent bien des comportements et des habitudes de vivre aussi bien économiques ou commerciales que linguistiques et culturelles qui se sont développées dans notre région. <br />   <br />  Du point de vue linguistique par exemple, c’est la même langue patrimoniale qui s’est imposée sur tout le territoire de la Région actuelle&nbsp;: la langue d’oc, appelée <em>provençal</em> dans l’usage traditionnel des habitants. Cette langue a suscité partout des troubadours au Moyen Âge, s’est maintenue partout plus ou moins jusqu’à aujourd’hui, dans l’oral et dans l’écrit, grâce à l’engagement associatif, à l’enseignement, à l’animation culturelle, au soutien des médias et des collectivités locales, dont bien sûr la Région. Elle a façonné le français que nous parlons. En elle-même et par la culture dont elle est porteuse, elle est un élément essentiel de notre identité régionale. <br />   <br />  L’ouvrage que j’ai publié récemment avec Claude Martel, <em>La langue d’oc telle qu’on la parle, Atlas linguistique de la Provence,</em> aux Ėditions d’Alpes de Lumière, avec le soutien financier de la Région, montre bien à quel point la langue est un révélateur de la diversité, de l’unité et de la cohérence de cette région. La Provence délimitée par les cartes de cet Atlas est bien la Provence linguistique&nbsp;: elle comprend l’ensemble des Alpes-Maritimes et des Hautes-Alpes, mais aussi la Drôme qui est dans une autre Région tout en faisant partie du même ensemble linguistique. Mais surtout ce que révèlent les cartes, c’est à la fois l’existence de différenciations dialectales – Provence rhodanienne, maritime, alpine en particulier – et de phénomènes de rencontres, d’échanges linguistiques et culturels entre nord et sud, est et ouest, en relation évidente avec les échanges commerciaux, économiques, touristiques… d’hier et d’aujourd’hui, qui ont été favorisés par les grandes voies de communication, maritimes, fluviales et routières. <br />   <br />  Pour toutes ces raisons, il me semble que l’emploi du terme Provence pour désigner notre Région serait tout à fait justifié et que ce serait un atout important pour en favoriser le développement et le rayonnement. Bien sûr je ne sous-estime pas les réticences qui se sont déjà manifestées et qui réapparaîtront. Mais il me semble aussi que les comportements évoluent et qu’en raison de sa plasticité historique et de son prestige ce nom de Provence peut très bien être accepté aujourd’hui par une grande majorité des habitants. Il faudrait simplement un effort pédagogique pour expliquer qu’en choisissant ce nom on ne gomme pas les particularités locales, mais qu’on a le souci de les rassembler dans une dénomination à la fois simple et ambitieuse qui devrait avoir un effet dynamisant. <br />   <br />  Je vous remercie à l’avance de l’attention que vous voudrez bien porter à cette lettre et je me tiens à votre disposition pour approfondir avec vous les questions qui sont ainsi posées. Veuillez croire à l’expression de mes sentiments distingués. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </content>
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   <title>« Ni Sud ni Paca » approche les 12 000 pétitionnaires</title>
   <updated>2018-02-02T09:14:00+01:00</updated>
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   <category term="Societat/Païs" />
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   <published>2017-12-27T09:14:00+01:00</published>
   <author><name>Michel Neumuller</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sur change.org la pétition réclame que la Provence soit désignée par son nom historique, et soutient que celui-ci est légitime dans les Alpes comme à Nice. Elle réagit à une décision du Conseil Régional Paca, de déposer une marque "Région Sud".     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.aquodaqui.info/photo/art/default/19117126-23126237.jpg?v=1514277212" alt="« Ni Sud ni Paca » approche les 12 000 pétitionnaires" title="« Ni Sud ni Paca » approche les 12 000 pétitionnaires" />
     </div>
     <div>
      Tout est parti d’une décision du président du Conseil Régional Paca, Renaud Muselier. S’avisant que le nom de Paca était décidément insortable, ne signifiait rien pour personne et donc nuisait à l’image de la Provence, le président&nbsp; a décidé de déposer une marque pour la Région&nbsp;: Région Sud. <br />  &nbsp; <br />  Une délibération en ce sens a été votée le 15 décembre dernier, en séance plénière du Conseil Régional. Le président avait précisé que la mesure ne couterait que le prix du dépôt de marque à l’Institut National de la Propriété Industrielle. En effet le choix du nom «&nbsp;Région Sud&nbsp;» avait été effectué en interne au Conseil Régional, aucun cabinet conseil n’aurait été consulté. Les services rapprochés du président auraient donné leur avis, et la consultation se serait arrêtée à ce premier cercle de gens proches du pouvoir régional. <br />  &nbsp; <br />  Pour le lanceur de pétition, animateur régional du Partit Occitan, « c<em>’est refuser, à l’heure de la démocratie participative et des réseaux sociaux, le droit aux citoyens de s’exprimer et grand merci à celles et ceux qui se mobilisent, encore et toujours plus, sur change.org.&nbsp;»</em> <br />  &nbsp; <br />  <a class="link" href="https://www.change.org/p/herv%C3%A9-guerrera-ni-sud-ni-paca-mais-provence-rendons-enfin-son-nom-%C3%A0-notre-r%C3%A9gion-e1c8b2af-e00c-4c19-8b18-b4d7bb0f93a4/u/22165751" target="_blank">La pétition</a>, le 15 janvier 2018 au matin, avait atteint 11 500 signataires, et, c’est le principe de change.org, ce chiffre augmente au fur et à mesure des partages que les internautes multiplient .
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Paca" totalement incompréhensible à l'étranger et nuisible à l'aura de la région</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.aquodaqui.info/photo/art/default/19117126-23126238.jpg?v=1514276983" alt="« Ni Sud ni Paca » approche les 12 000 pétitionnaires" title="« Ni Sud ni Paca » approche les 12 000 pétitionnaires" />
     </div>
     <div>
      Le débat sur le nom de la Région provençale n’a jamais cessé depuis qu’en 1972, à l’occasion d’une réforme territoriale française, le nom de Provence Alpes Côte d’Azur a été choisi par le Conseil Régional de l’époque. <br />  &nbsp; <br />  A cette époque, la Provence, au plan institutionnel, se séparait de la Corse, et prenait peu à peu de l’importance. La réforme suivante, en 1982-83, due au Marseillais Gaston Defferre, devait reconnaitre aux Conseils Régionaux de nombreuses nouvelles compétentes. Al’époque, le président de «&nbsp;Paca&nbsp;», le socialiste Michel Pezet, défendait bec et ongles l’appellation tout à fait technocratique, à l’argument que celle-ci respectait la diversité territoriale de la région. <br />  &nbsp; <br />  Un argument qui ne convainquait pas de nombreux habitants, mais qui gênait aussi son successeur (après un intermède Jean-Claude Gaudin), Michel Vauzelle. Celui-ci, ambitionnant une aura internationale pour la Région, multipliait les accords de coopération de par le monde, et regrettait le peu de prestige de l’appellation «&nbsp;Paca&nbsp;».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une commission régionale conseille "Provence" en 2009</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.aquodaqui.info/photo/art/default/19117126-23126244.jpg?v=1514277116" alt="« Ni Sud ni Paca » approche les 12 000 pétitionnaires" title="« Ni Sud ni Paca » approche les 12 000 pétitionnaires" />
     </div>
     <div>
      En 2009 il confiait au socio-linguiste Jean-Claude Bouvier le soin de formuler des propositions alternatives. S’entourant d’une commission marquée par la diversité de territoires et d’âges, l’universitaire concluait que le seul vrai terme fédérateur et reconnu à l’extérieur était celui de «&nbsp;Provence&nbsp;». <br />  &nbsp; <br />  Cependant le président Vauzelle ne prit aucune décision, avant de <a class="link" href="https://www.aquodaqui.info/Ou-l-on-reparle-de-debaptiser-Paca_a754.html" target="_blank">relancer le débat en 2014</a>, pour aussitôt l’enterrer. <br />  &nbsp; <br />  Provence serait réducteur et déplairait aux habitants niçois et alpins de Paca. Une opposition fantasmée, quasi inexistante, rétorquent les partisans de «&nbsp;Provence&nbsp;», dont Hervé Guerrera est un farouche promoteur. <br />  &nbsp; <br />  <em>«&nbsp;C’est ignorer l’histoire de cette région</em>&nbsp;» argumente en effet le lanceur de pétition, <em>«&nbsp;quand le Pays Niçois s’appelait les « Terres neuves de Provence », quand sur la monnaie qui avait cours à Embrun, et au-delà, était frappé « Proencia - Provence ».</em> <br />  &nbsp; <br />  La Région provençale compte aujourd’hui cinq millions d’habitants, et cinq mille pétitionnaires en représentent le millième. L’initiative de l’élu provençal aura donc besoin d’être mieux connue et plus largement partagée pour démontrer un intérêt des Provençaux…pour la Provence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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