Au sommaire de votre magazine de mars


Jean Giono est mort voici cinquante ans. Faut-il l'encenser ? Régionaliste quand cela plaît, Universel quand le régionalisme passe de mode, il a créé une Provence immobile, un désert pour tourisme littéraire...Bref, ce grand écrivain savait aller avec le vent.



"Il a recomposé la réalité pour dépeindre un monde paysan hors réalité". L'historien Felip Martel est plus dur que Robert Lafont, qui reconnaissait à l'auteur manosquin de la profondeur : "il a élevé en dignité un tiers monde"... L'analyse vaut le détour dans notre numéro de mars. Elle n'ôte rien à la qualité littéraire, mais ne verse pas dans l'hagiographie, loin de là.

Oui mais l'occitan, pourquoi faire au fond ?

Nous nous intéressons aussi à ces artistes peintres qui ont fréquenté Giono, et ont aimé le monde qu'il créait, s'en sont inspirés : Bernard Buffet, Yves Brayer et quelques autres...

Pascal Colletta, le reviscolaire des montagnes gavottes, lui ne se complaît pas dans l'immobilité. Nous interrogeons le Grand Prix Littéraire de Provence 2019, et, ce passionné des pratiques ludiques du pays, tel le jeu de la Mourra, le créateur du Festival d'Ilonse, nous dit comment et pourquoi la langue s'appauvrit quand elle ne peut plus dire les réalités de la vie vivante. Il nous dit aussi combien il reste optimiste, et nous en livre les raisons...Et puis son occitan alpin est une parole rare dans l'édition, profitez-en !

A lire en miroir l'analyse de l'anthropologue Jaume Costa. Vous y êtes déjà habitué, et d'ailleurs dans notre courrier des lecteurs, un Varois puise dans cette chronique pour ponctuer les cours de provençal qu'il organise avec des moments de réflexion et de débat. Ce mois-ci Jaume aborde la question cruciale : pourquoi l'occitan, qui ne sert plus à rien, trouve toujours des défenseurs. Et la réponse pourrait bien être la clef de l'avenir...

L'occitan sera-t-il municipal ? En ce mois d'élection locale, en tout cas l'occitanisme n'est pas timide. Partout de Nice à Bordeaux les militants entrent en lice...et en liste. Nous verrons ce qu'il en est à Nice et Marseille.

Ailleurs, en milieu rural, c'est l'avenir de l'espace et de l'activité agricole qui est posé dans ces élections. Quand les urbains dans l'âme veulent installer des paysans là où on ne pense plus qu'a construire, c'est que quelque chose change, dans les têtes aujourd'hui, sur le terrain demain.

 

Plantes qui soignent, nucléaire qui angoisse, sardines qui retrécissent...

Golfech au loin, d'où qu'on regarde - photo Daidier Mir DR
Florence Faure-Brac nous parle ce mois-ci de l'Erba d'Alh, une excellente aide contre les infections respiratoires. De son côté Médéric Gasquet-Cyrus préfère vous parler des produits de la mer : la sardine...qui se fait plus courte...et le parler marseillais qui lui reste égal à lui-même malgré le réchauffement climatique.

Quant à l'empreinte du nucléaire dans notre paysage, Didier Mir l'expose. A Golfech, voyez vous, la centrale si combattue, tellement imposée, vous rappelle sans cesse votre défaite et le risque qu'elle vous fait prendre.

Nous vous parlerons aussi mathématiques en provençal, et de l'ultime message de Frédéric Mistral, qu'Alain Viau veut rendre cohérent en français avec le texte original : "Mistral écrivait un provençal accessible à tous, mais ses traductions en français se veulent précieuses". Il devait être lu par le paysan provençal, mais pris au sérieux par le critique parisien...

Enfin, nous vous l'avions annoncé la semaine dernière, Didier Mir nous ouvre la porte des enseignants d'écoles publiques bilingues d'entre Moissac et Montauban. Ce mois-ci, Christophe Larrocan livre son vécu d'enseignant, et bien des idées pour gagner l'adhésion des parents d'élèves, ou la manière de se servir de l'occitan appris pour aller vers l'espagnol. La chronique fourmille d'informations pratiques à l'attention d'autres maîtres, et explique pourquoi les enfants en tireront des bénéfices pour la vie entière.

Phavorin est loin de tout cela, lui...Son Naufragat se débat ce mois-ci avec le fisc. Mais oui, n'oubliez pas, même isolé au fin fond monde sur une ile déserte, comptez sur votre percepteur. Lui saura vous retrouver !

Jeudi 5 Mars 2020
Aquò d'Aquí