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Journée historique pour les langues régionales

La loi dite Molac donnera des droits à l'enseignement des langues minoritaires en France, enfin ! ça ne s'est pas fait tout seul.

Bien des lecteurs d'Aquò d'Aquí ont été surpris, le 8 avril, du vote écrasant des députés en faveur de la loi de Protection des langues régionales, avancées par le groupe parlementaire Libertés et Territoires. Pourtant une observation un peu fine des évènements qui ont conduits à cette issue aurait rassurée plus d'un.

















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Des Chrétiens d’Orient aux santons d’Occident


L'indignation a été générale face au rigorisme à prétexte laïque. Elle devrait aussi s'exprimer face aux outrances qui cherchent à condamner chez nous l'expression culturelle populaire.



Voilà que la Régie Autonome des Transports Parisiens doit se ranger à la cause morale, et politique, et mettre dans la poche ses grandes idées, et ses petites lâchetés.

Pour sauver des gens il faut d'abord les reconnaitre

Sensibiliser les anonymes pressés des escalators au sort des chrétiens d’Orient a semblé plus important à quelques associations et élus, Parisiens ou sénatoriaux, que le radical respect du principe de la neutralité laïque du service public.
 
Et l’association qui a planté la Croix en travers des rails ne veut pas en rester là. La Coordination des chrétiens d'Orient en danger souhaite, en portant l’affaire devant les tribunaux, faire jurisprudence.
 
Depuis des mois, l’Etat dit Islamique en Irak et au Levant, et ses affidés, accompagnés par l’habituelle ribambelle de gangsters que font naître les situations de non-droit, tuent des Chrétiens d’Orient comme on dératise dans nos villes. C’est la nouvelle normalité entre Irak et Syrie.
 
Que valent les cris effarouchés des laïcistes radicaux de chez nous, face au sang versé des guerres de religion là-bas ?
 
Ce faisant, alors qu’on considère enfin que pour sauver des gens il convient d’abord de les reconnaître – il faut bien admettre qu’au final c’est avec leur vie, leur mode de vie, qu’il faut sauver. Eviter leur massacre c’est vital, leur permettre de continuer à vivre dans leur foi et leur culture, chez eux, apparaît aussi digne, honorable et indispensable.
 
Dans cette logique, quittons l’Est et tournons nos regards vers le Sud. Le nôtre, quoi !
 
On ne massacre pas le Méridional, c’est heureux ! Mais les mêmes laïcistes rigoristes entendent bien le priver de ses repères culturels en les taxant de repères cultuels. Le prétexte au nivellement culturel est là aussi religieux.
 
Quelle mairie osera encore exposer une crèche à Noël prochain ? La Libre Pensée, comme elle s’autoproclame, les a bâillonnées. Les petites figurines représentant le peuple et son espoir ne devaient plus passer la porte des domiciles privés. L’espoir pour l’entre soi, quoi !
 
Notre morale, toute laïque qu’elle soit, plonge néanmoins ses racines dans le passé, religieux, pas forcément chrétien : « tu ne tueras point…tu honoreras ton père et ta mère »  etc… Mais nos santons étaient là bien avant l’improbable abordage des Saintes Maries. Ils représentaient sans doute déjà, voici vingt et quelques siècles, l’espoir de voir s’ouvrir les réserves de nourriture, lors des fêtes saturnales, quand on s’offrait des figurines de mie de pain ou de terre cuite.
 
Si le Christianisme les a récupérées, tout comme la fête de Noël, qui clôt les Saturnales, elles n’en sont pas moins entrées tout simplement dans notre culture.
 
Le fil invisible qui relie le Ravi, le Rémouleur et Melchior aux Chrétiens d’Orient, peut sembler ténu. Il n’en existe pas moins.
 
Au prétexte de neutralité laïque, s’il s’agit de tuer l’âme des peuples en interdisant l’expression de leur génie, nous préférons la franchise de dire que leur expression culturelle est la condition de leur survie. 

Mercredi 8 Avril 2015
Aquò d'Aquí




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