La Setmana naufragée ?

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Cristina Àlvarez : « Tombèron lei mascas »


BARCELONA. La situation politique en Catalogne développe aussi la créativité littéraire. Nous reproduisons ici une des récentes oeuvres de cette poétesse catalane qui traduit bien cet état d'esprit.



Cristina Àlvarez (photo XDR)
Cristina Àlvarez (photo XDR)
Cristina Àlvarez i Roig est architecte à Barcelona. Son œuvre poétique fait appel à la nature, au rêve et au sentiment, à la difficulté de vivre heureux, thèmes agencés par une langue de simplicité recherchée, et d’une grande force évocatrice.
 
La crise politique en Catalogne lui inspire des textes de remise en question des illusions de l’Histoire espagnole, écrits en forme de sirventès. Nous en reproduisons ici, avec son accord, un exemple très récent, suivi de sa traduction en provençal (avec les suggestions d’Alain Barthélemy-Vigouroux) et en français.
 
Cristina Àlvarez a publié en 2014 Oasi privat, un recueil édité par Òmicron. Elle développe essentiellement son œuvre, au fil des évènements et de ses états d’âme, sur son compte facebook.
 
Le sentiment amoureux, dans ses nuances infinies, y tient une grande place ; en particulier sa relation avec Israël Clara, également poète, dont nous parlerons également.

«De todas las historias de la Historia 
sin duda la más triste es la de España... »
JAIME GIL DE BIEDMA, «Moralidades»

 
Queien, molt lentament, les màscares que un dia
van fer servir tants dèspotes per semblar gent de pau.
Silents, s’atrinxeraven rere la monarquia
que ens van imposar, còmplices, pels favors de palau.
Entre tots van escriure la llei que serviria
per vetar-nos ser lliures i fer legal el frau.
Mai no ens han escoltat. A ells tan sols els guia
la infinita supèrbia vers el seu poble esclau.
Són ells, els fills de Franco, de Primo de Rivera, 
d’Isabel la Catòlica, els fills d’aquella mare
que per Déu massacrava, sencer, el nou continent.
Són els que van robar, també, en la dolça espera
dels pares, els nounats. Era el cacic, el frare,
el militar, el jutge... L’Espanya del present.
 
                                                                                      Cristina Alvarez i Roig, 2017
 
 
 
 

Et en provençal

D’aise, tombèron, lei mascas qu’un jorn
Servèron tant lei despòtas, ansin emmascats en gents de patz
Silenciós, s’aparèron darrier la monarquia
Que nos impausèron, complicis, per lei favors dau palais
Entre totei escriguèron la Lèi que serviriá
Per nos empachar d’èstre liures e faire legau la frauda
Jamai nos an escotat. An’elei solets de bailejar
L’infinida supèrbia envèrs son pòple
Es elei, lei fius de Franco, de Primo de Rivera,
d’Isabèla la Catolica, lei fius d’aquela luenchenca maire
Que per Dieu massacrava, consensciosament, lo nòu continent
Es elei que raubavon, tanben, en la doça espèra
dei paires, lei novèu-nats. Èra lo cacic, lo prèire
Lo sordat, lo jutge… l’Espanha de vuei

Enfin en français

Bien lentement, ils tombèrent, les masques qui un jour
Servirent tellement aux despotes, ainsi grimés en hommes de paix
Silencieux, ils se retranchèrent derrière la monarchie
Qu’ils nous imposaient, complices, pour les faveurs du palais
Parmi d’autres ils écrivirent la Loi qui servirait
A nous empêcher d’être libres et faire légale la fraude
Jamais ils ne nous ont écouté. A eux seuls le volant
La superbe infinie envers son peuple esclave
Ce sont eux, les fils de Franco, de Primo de Rivera,
d’Isabelle la Catholique, fils de cette lointaine mère
Qui par Dieu massacrait, consciencieusement, le nouveau continent
Ce sont eux qui volaient, aussi, dans la douce attente
des pères, les nouveaux nés. C’était le cacique, le prêtre
Le soldat, le juge… L’Espagne d’aujourd’hui

 

Samedi 9 Décembre 2017
Michel Neumuller





1.Posté par Josep Bonnín le 10/12/2017 23:05 (depuis mobile)
Enhorabona Cristina. El meu francès no és tan bo com per llegir poemes traduïts, tot i que no he tingut dificultat.
Una forta aferrada pel coll!

2.Posté par Hector Berenguer Paris le 10/12/2017 23:39
Me parece notable y creativo tu crecimiento en imágenes , lenguaje y contenido .Conocí tu insipiente carrera literaria por tus raíces catalanas y las mías y poco a poco has ido creando en un mundo de plenas coincidencias y tu desarrollo parece incesante . Mis mejores deseos para tu libro donde vas haciendo el camino de la exposición pública por completo . Felicitaciones y espero disfrutar leyendo a una nueva escritora y amiga .

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