Catalogne : pourquoi le référendum d’autodétermination ?

Depuis que les Félibres ont chanté « Catalan de liuen o fraire… », nos voisins, frères linguistiques, ne nous laissent pas indifférents. Le premier octobre prochain ils choisissent de devenir indépendants, ou pas. Essayons d’expliquer pourquoi et comment.

Les médias français ont un mal certain à appréhender la réalité de la situation politique catalane d’Espagne. Avec, disons-le, une tour Eiffel en tête, les journalistes de la télévision hexagonale, en général, plaquent une conception française sur une réalité catalane.






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Andrieu Abbe : regards humains sur le monde paysan


Avec ses chroniques d’observation du monde paysan, Andrieu Abbe met l’être humain sur un piédestal, l’agriculteur anonyme a lui aussi sa flamme commémorative. « De la tèrra a la Tèrra » propose ainsi une centaine de billets incisifs ou tendres, pour dire un monde à protéger au même titre que l’occitan qui sert le raconter.



Ce qui frappe au premier abord, dès qu’on lui serre la main, c’est le regard humain d’Andrieu Abbe. Une humanité qui percole dans tout ce qu’il dit ou écrit. Dans son dernier ouvrage, « De la tèrra a la Tèrra »,  il confirme en  prêtant attention aux plus petits, aux plus méconnus des paysans.
 
« Es acabat lo temps que los pastres varlets eran paiats ambé de regardelas  , lo manjar, lo burre, lo durmir dins la feniera dau jaç, un pareu de braias per Noè, un pareu de chaussuras per la Sant-Jan, quauques francs per lo vòt, pas mai. Avura los obriers pastres an tant de drechs coma los autres salariats »
 
On trouve cette phrase dans une de ces chroniques paysannes dont Andrieu Abbe a régalé durant vingt ans les lecteurs de l’Agriculteur Paysan. Il défendait dans ce texte le dur labeur des bergers, soumis aux attaques de loups, et occasionnellement aux propos injurieux de certains écologistes.
 
Cette humanité a sans doute bien compté pour le succès d’une soirée qu’organisait le Cep D’oc, vendredi dernier près de l’Ostau de Provença, à Aix.  La salle du ColOc, qui l’accueillait, était pleine. Il y menait un débat sur le thème « filmer la tradition est-ce la trahir ? » Et la dégustation de vins de terroir qui a suivi n’explique pas seule un tel engouement

De l'Australie aux alpages

Une famille de paysans turcs devant un immeuble en construction. Région d'Antalya (photo MN)
Une famille de paysans turcs devant un immeuble en construction. Région d'Antalya (photo MN)
« On a vu là des gens que nous ne connaissons pas, André élargit le cercle de ceux que touche l’occitanisme » commente Jan-Pèire Belmon, qui organisait la soirée.
 
Andrieu Abbe venait aussi à Aix pour faire connaître son dernier ouvrage, « De la tèrra a la tèrra », dont l’encre n’est pas encore tout à fait sèche. Aidé par l’IEO 04-05, l’Espaci Occitan deils Aups et la Région Paca, ce court recueil de chroniques de la terre transpire de l’humanité de ses personnages, qu’Abbe aille les peindre au fin fond de l’Australie des bergers, ou au cœur de nos alpages où triment les pastres du pays, confrontés à de multiples problèmes.
 
Tout ce qui regarde l’agriculture et ses serviteurs passe par ces 135 pages de provençal, agencé par un qui parle « la lenga dau breç », un locuteur naturel qui adore voyager à la rencontre de l’autre, confronter les façons de vivre, les manières de penser. 

En provençal et en occitan alpin

Il commente avec humour le passage du bouchon de liège à celui de plastique sur nos bouteilles, en livrant quelques jeux de mots anciens pour enfants ; il observe, étonné, la progression de la double activité chez les agriculteurs, confrontés à la difficulté de vivre de leur travail ; il s’inquiète de voir que 5 millions de Provençaux s’intéressent trop peu à une forêt qui est leur assurance vie contre le réchauffement climatique…
 
Et il roumègue contre l’impossibilité de devenir paysan sans s’endetter à trente ans pour le reste de ses jours, sans être confronté à l’urbanisme qui mange les meilleures terres, et soumis à l’indifférence de la société qu’il faut nourrir.
 
Le provençal d’Andrieu Abbe, qui est souvent de l’occitan alpin ainsi que le texte cité plus haut, se rit des reconstructions de la langue, tentées dans les bureaux poussiéreux. Le sien il le puise dans ce qu’il a entendu de la dernière génération qui le parlait tous les jours, et pour tout exprimer. C’est pourquoi beaucoup pourront y puiser une langue alerte, qui ne s’use que si l’on ne s’en sert pas !
Andrieu Abbe a choisi une centaine de ses billets parmi près de 1500 chroniques à l'Agriculteur Provençal (photo MN)
Andrieu Abbe a choisi une centaine de ses billets parmi près de 1500 chroniques à l'Agriculteur Provençal (photo MN)

Andrieu Abbe – De la tèrra a la Tèrra, 135p. ill. en occitan avec introductions d’articles en français, lexique, et précis sur la graphie et les choix linguistiques, préface d’Alain Barthélemy-Vigouroux. 10€. Disponible à l'Espaci Occitan, 21, rue de l'Imprimerie, 05000 Gap, pour la somme de 12,50 € franco de port.

Dimanche 25 Novembre 2012
Michel Neumuller





1.Posté par Diggi le 10/02/2013 19:15
Per crompar los libres d'Andrieu ABBE, anar sus lo site de l'Espaci Occitan: http://www.espaci-occitan.com/botiga/fr/40_andrieu-abbe

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